SNUipp-FSU 93 Seine Saint Denis
http://93.snuipp.fr/spip.php?article2198
Grève du 3 février 2015 lettre aux parents, pas d’intentions de grève à donner. Manifestation Paris 14h00 M°RER Luxembourg
vendredi, 30 janvier 2015
/ SNUipp93
créer

CONSIGNE SYNDICALE : PAS DE DECLARATION PREALABLE D’INTENTION DE GREVE A TRANSMETTRE A VOTRE IEN.

Par contre, informez toujours les parents de vos élèves quelques jours avant qu"En raison du mouvement de grève, vous ne ferez pas classe ce jour là".

-  A lire : Le courrier du SNUipp-FSU demandant l’abrogation du SMA

Manifestation : Départ Luxembourg 14 heures- vers Sèvres-Babylone

Appel intersyndical 93 pour la grève du 3 février 2015 :


- Communiqué du SNUipp du 26 janvier 2015 :

Taille des classes : : Moins d’élèves par classe pour améliorer la maîtrise de la langue et la réussite de tous


->-> A LIRE :Les salaires en baisse au 1er janvier 2015


Grève le 3 février

Appel du Conseil National du SNUipp-FSU

Dans cette période de crise économique et sociale et de montée des inégalités, l’école avec ses enseignant-es constituent un rempart incontournable à la relégation des plus fragilisé-es et à la montée de tous les obscurantismes. Plus que jamais notre pays a besoin d’école, il faut lui donner les moyens de lutter efficacement contre l’échec scolaire qui touche en premier lieu les enfants issu-es des milieux populaires. C’est une des conditions pour offrir une culture commune à tous et toutes et permettre l’émancipation de chacun-e.

Or, la priorité au primaire ne se traduit pas dans les écoles. Les nouveaux rythmes scolaires ne sont pas une réponse à la difficulté scolaire. Ils accentuent la dégradation des conditions de travail des enseignant-es et renforcent les inégalités territoriales. Avec des effectifs parmi les plus chargés d’Europe, une formation continue exsangue, une charge de travail toujours en augmentation, une revalorisation salariale en panne et un recours croissant aux contractuel-les, en lieu et place d’enseignant-es titulaires et formés, il y a saturation.

Dans le cadre fédéral, le SNUipp-FSU appelle à la grève le 3 février prochain et rappelle son attachement au cadre unitaire qui doit être recherché à tous les niveaux. Il débattra avec les personnels des suites de l’action et sera force de propositions de ces suites.

Avec la FSU, il demande un investissement massif dans l’Éducation ce qui nécessite une augmentation du budget prévu. Pour réussir l’école, il faut davantage d’enseignant-es mieux formés et mieux payés et améliorer leurs conditions de travail.

1. Améliorer les conditions de travail

• Budget

Avec seulement 2 511 créations d’emplois programmées pour la prochaine rentrée, l’école manque de postes et même 6 académies se voient imposer des suppressions de postes. Le budget est nettement insuffisant. Deux mesures actées pour la rentrée 2015, l’amélioration du régime des décharges pour la direction d’école et les demi-journées d’allègement de service en REP+, vont déjà consommer 1 650 postes. Il ne restera donc plus que 861 emplois pour accueillir les 23 400 élèves supplémentaires attendus à la rentrée 2015, soit un emploi enseignant pour 27 élèves. Le nombre d’élèves, par classe déjà au-dessus des moyennes européennes, ne va pas baisser et même augmentera dans trop d’écoles. De plus, les autres priorités affichées par le ministère ne vont pas se déployer (PDMQDC, -3 ans) et notre école ne va pas rattraper son retard (manque de 1 800 postes de remplacement et 4 834 RASED par rapport à 2008).

Par ailleurs, des moyens supplémentaires sont également nécessaires pour classer en éducation prioritaire toutes les écoles dont les caractéristiques le justifient. Financer cette réforme de l’éducation prioritaire et répondre aux autres besoins nécessitent un tout autre budget. Ce besoin de moyens fera l’objet d’une campagne d’information.

• Effectifs

La taille des classes, déterminante pour la réussite des élèves comme le confirment plusieurs études, doit baisser : pas plus de 25 élèves par classe et pas plus de 20 élèves en REP et REP +, pas plus de 15 élèves pour les moins de 3 ans, effectifs allégés dans les classes scolarisant au moins un-e élève en situation de handicap.

Pour réussir la scolarisation des élèves en situation de handicap, il faut des professionnel-les formés avec statut pérenne et un salaire à hauteur des missions, pour accompagner les jeunes.

• Réforme des rythmes

Elle a des conséquences négatives sur les conditions de travail et de vie des enseignant-es. Le SNUipp-FSU continue d’exiger une remise à plat de cette réforme.

• APC

Ce dispositif ne répond pas au traitement de la difficulté scolaire. Le SNUipp-FSU demande la fin des APC et le retour à un temps de concertation institutionnalisé dans l’emploi du temps régulier des écoles.

- Gestion des personnels

Il faut remettre à plat le mode de gestion des personnels (inspection, rapport à la hiérarchie, mutations, temps partiel, droit syndical,…) qui a subi des dégradations incessantes.

2. Salaires

Tout le monde le reconnaît : les enseignant-es des écoles sont sous-payés par rapport à leurs homologues européens et aux fonctionnaires de même catégorie. L’annonce de la prime aux recteurs et rectrices a sonné comme une provocation chez nos collègues alors que leur salaire va baisser en janvier. Il faut d’urgence augmenter nos salaires. Cela passe par :

-  Le rattrapage des pertes de salaires ;
-  L’augmentation du point d’indice gelé depuis 2010 ;
-  Une augmentation immédiate de l’ISAE (400 € bruts annuels) accessible à toutes et tous, s’alignant sur l’ISOE de nos collègues du 2nd degré (1200 € brut annuels).

3. Formation initiale et continue

-  Cumuler un mi-temps en responsabilité et un mi-temps en ESPE, calqué de plus sur le calendrier universitaire, n’est pas tenable, ni réaliste pour nos collègues stagiaires ; cela ne correspond pas à une véritable formation professionnelle. Il faut retrouver d’urgence un maximum d’1/3 en responsabilité et 2/3 en ESPE, afin que le volume de formation didactique et théorique prenne toute sa place et son sens.

-  La formation continue a quasiment disparu. Il faut d’urgence rétablir une formation continue de qualité sous forme de stages remplacés sur le temps de classe.

Droit de grève

Le SNUipp-FSU poursuivra son action et ses interventions pour obtenir la suppression du SMA et appelle la profession à abandonner la procédure de déclaration préalable lors de la journée de grève du 3 février

Textes extrait du TEXTE ACTION CONSEIL NATIONAL DU SNUipp-FSU des 13 ET 14 JANVIER 2015



Lettre de la FSU à la ministre de l’Education Nationale

Fédération Syndicale Unitaire

Madame Najat VALLAUD-BELKACEM Ministre de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche

Les Lilas le 7 janvier 2015

Madame la Ministre,

L’éducation est un atout essentiel pour notre société qui, confrontée à une crise économique et sociale importante, en proie à une crise de confiance en l’avenir, a plus que jamais besoin d’un système éducatif à la hauteur des enjeux.

L’éducation doit permettre à chaque jeune de s’émanciper, de choisir son parcours scolaire et d’obtenir une qualification. C’est essentiel pour réussir sa vie personnelle et professionnelle.

C’est bien la responsabilité de l’Education nationale.

Face aux difficultés scolaires, aux inégalités, au décrochage, la Refondation de l’École décidée par le gouvernement doit répondre aux attentes et aux inquiétudes des personnels.

La prochaine rentrée scolaire se prépare d’ores et déjà et certaines réformes se mettent en place comme celle de l’éducation prioritaire qui, à ce jour, laisse nombre d’écoles et d’établissements au bord du chemin. La refonte de la carte de l’éducation prioritaire se fait à périmètre quasi constant, mais le légitime élargissement à Mayotte et la Guyane aboutit à des redéploiements inacceptables alors que la situation sociale devrait au contraire conduire à prendre en compte toutes les écoles et établissements qui doivent relever de l’éducation prioritaire.

Les mobilisations nombreuses de la fin d’année 2014, associant personnels et parents, ont montré l’attente forte et le besoin social d’un accroissement du nombre de REP et de REP+. La FSU continue à demander un élargissement significatif de la carte, avec une transparence totale des critères retenus.

La FSU attire votre attention sur les nombreux problèmes qui demeurent sur le terrain : effectifs de classes trop lourds, remplacements non assurés, formation initiale et continue des personnels non satisfaisante, conditions de travail très souvent dégradées, alourdissement des tâches, le tout dans un contexte de salaires faibles et de gel du point d’indice depuis 2010, avec pour corollaire une crise du recrutement qui persiste.

L’allocation progressive des moyens, que vous présentez comme une solution à ces difficultés, a de longue date montré qu’elle ne peut être efficace si elle se construit sur des redéploiements.

Parce que certaines questions ne peuvent plus attendre, la FSU appelle les personnels à être en grève le 3 février prochain.

Elle demande notamment que s’ouvrent des discussions pour améliorer les conditions de travail. Cette question englobe celle de l’emploi, des créations de postes plus nombreuses étant nécessaires du fait de l’augmentation démographique et de l’alourdissement des missions et de la charge de travail pour tous les personnels.

La FSU exige la revalorisation des salaires. Le gel du point d’indice de l’ensemble des fonctionnaires demeurant inacceptable, elle demande l’ouverture de négociations dans la Fonction publique. Dans l’Éducation Nationale, le déclassement salarial des enseignants est désormais reconnu, les études publiées au cours de l’année 2014 (regards sur l’éducation-OCDE 2012, rapport de la DGAFP, rapport annuel sur l’état de la fonction publique 2014) permettent d’en apprécier l’ampleur. Face à la dégradation des conditions de travail, au manque de prise en compte de tout le travail effectué dans le cadre des missions, y compris le travail invisible, il y a urgence à apporter des réponses afin de revaloriser l’ensemble des personnels.

C’est une question de reconnaissance de leur travail et de leur professionnalité. L’enjeu, pour la nation, est aussi de rendre attractifs ces métiers et particulièrement le métier d’enseignant afin de recruter et de fidéliser les enseignants qualifiés à la hauteur des besoins. Enfin, pour la FSU, il est indispensable d’améliorer la formation initiale et continue de tous les personnels.

Pour cela, il est urgent de faire enfin le bilan de la mise en place des ESPE afin de conduire les réorientations nécessaires dès la prochaine rentrée scolaire.

La FSU reste convaincue que la priorité à la jeunesse passe par l’Ecole et par ses personnels.

C’est un enjeu majeur pour l’avenir de notre société. Le gouvernement doit confirmer la priorité à l’Education. La FSU lui demande d’entendre les exigences des personnels. Leur engagement professionnel ne se dément pas au fil du temps et il a permis ces dernières années, malgré la crise et dans des conditions parfois difficiles, que plus de jeunes réussissent et obtiennent une qualification. Il s’agit maintenant de le reconnaître et de donner aux personnels de l’Education tous les moyens de faire réussir tous les jeunes.

La FSU souhaite que le message lancé le 3 février prochain soit entendu et donne lieu à l’ouverture de nouvelles discussions rapides sur ces sujets.

Je vous prie de croire, Madame la Ministre, en l’expression de mes salutations respectueuses.

Bernadette Groison, Secrétaire Générale

©Copyright 2006 - SNUipp-FSU 93 Seine Saint Denis, tous droits réservés.