www.snuipp.fr

SNUipp-FSU 93 Seine Saint Denis

Thèmes abordés


Vous êtes actuellement : Pratiques, textes, débats  / Apprentissage de la lecture 

fontsizeup fontsizedown impression s'abonner  à la rubrique {}
30 août 2018

Lire c’est comprendre.

Donc apprendre à lire, c’est apprendre à comprendre ce qui est écrit.
Eveline Charmeux, Éditions universitaires européennes, 2018
Le dernier ouvrage d’Eveline Charmeux est enfin sorti : il s’intitule "Lire, c’est comprendre, donc apprendre à lire, c’est apprendre à comprendre". Une démarche complète, de la maternelle à la fin du collège, pour un vrai savoir lire. C’est le bilan de cinquante années de travail sur la lecture ; une alternative réelle au B.A. BA syllabique !
Seules, les Éditions Universitaires Européennes ont accepté de le publier.

Pour commander le livre, cliquez ici.

Ce que l’on trouve dans ce (précieux) livre :
La mise en cause de « la théorie […] selon laquelle la mise en place d’un mécanisme de déchiffrage, au tout début de l’apprentissage de la lecture, serait nécessaire pour pouvoir libérer les opérations qui permettront plus tard de comprendre les écrits lus. » (p.2)
« Enseigner oralement une activité mentale qui s’effectue à partir d’une perception visuelle n’est donc pas seulement créer une difficulté, c’est installer un handicap. L’oralisation consomme une énergie qui n’est plus disponible pour la pensée […] » (p. 5)
« […] un mécanisme ne libère rien, au contraire : il enferme dedans et endort, car il prend la place de l’intelligence, supprime la vigilance qu’elle maintient et devient source de danger. » (p.37)
[…] apprendre à lire, c’est aussi apprendre un nouveau fonctionnement de la langue […]. « Il se retient », « Il est patient », « ces enfants balbutient »… « Il s’agit donc de découvrir qu’il existe une relation entre les sons entendus et les signes graphiques utilisés, mais que celle-ci est variable selon les contextes, et qu’il faut la construire par l’observation des écrits connus. » (p. 11, 12)
Pour Eveline Charmeux, les apprentis-lecteurs doivent « apprendre à explorer le texte, pour y puiser des indices permettant de formuler des hypothèses en évitant l’entrée linéaire, mot à mot (voire, syllabe après syllabe), qui interdit anticipation et raisonnement. De plus l’oralisation détourne leur regard des marques orthographiques, indices essentiels à la compréhension du texte. » Elle précise qu’avec l’oralisation scolaire, l’attention et l’énergie des enfants « ne sont plus disponibles pour effectuer les opérations de raisonnement nécessaires à la compréhension ». (p. 70)
En effet, « le sens d’un texte n’est pas la somme des sens de chacun des mots mais le résultat de leur mise en relation. » (p. 26)

Eveline Charmeux décrit ainsi une démarche, et non une « méthode ».
« On s’oriente ainsi vers une démarche, suivant deux rails parallèles : celui des découvertes d’écrits divers pour apprendre à comprendre, et celui des découvertes des moyens langagiers, spécifiques de l’écrit, permettant de comprendre ceux-ci. » (p.12)
L’auteur préconise de ne travailler que sur « des écrits porteurs de messages » (p.14). Pour elle, « une progression pédagogique en matière d’étude de la langue doit nécessairement suivre les rencontres des enfants avec des messages écrits. » (p.94)
La démarche qu’elle illustre abondamment tout au long de son ouvrage, consiste à construire les compétences suivantes, pour que les enfants deviennent vraiment lecteurs (p.32) :
- Une connaissance des « objets à lire » (compétence d’orientation dans l’univers de l’écrit)
- La compréhension par la mise en relation de données éparses, par le raisonnement, par la formulation d’hypothèses (compétences sémiotiques)
- La capacité à utiliser « le fonctionnement du français spécifique de l’écrit » (compétences langagières).
En CP, l’objectif prioritaire que les enseignants devraient se fixer pour leurs élèves, est, pour Eveline Charmeux, leur « capacité à formuler des hypothèses en les justifiant – leur validation étant effectuée par l’enseignant – tandis que, parallèlement, la découverte des signes de l’écrit et de leur fonctionnement s’effectue tout au long des 3 années du cycle. » (p. 67)

Eveline Charmeux creuse la question de la compréhension en lecture, en proposant un rééquilibrage conséquent entre les dimensions auditives et visuelles présentes dans l’acte de lire.
De nombreux indices nécessaires à la compréhension du message écrit se trouvent à la fin des mots. Eveline Charmeux explique que « le passage de ‘’l’entendu’’ au ‘’lu’’ modifie profondément les indices sur lesquels s’appuie la compréhension. » (p. 52). Dans cet ouvrage, on (re)découvre que « l’orthographe sert avant tout à lire » (p. 107)…
Elle conseille « d’affiner la perception visuelle » (p.62 : exemple du nombre de lettres et de leur ordre dans les mots, avec un travail en maternelle), de « s’approprier les indices péri-linguistiques : mise en page, ponctuation... » (p. 65)
Au CP, il faut d’abord apprendre à repérer « les grandes oppositions » (p. 92) : lettres majuscules / lettres minuscules, notion de « mot écrit », différent de ce qui est entendu à l’oral, notion de phrase, quasiment inconnue à l’oral… Ces « grandes oppositions » sont des « obstacles dits épistémologiques, c’est-à-dire inhérents à l’activité ». Eveline Charmeux explique que ces caractéristiques doivent faire l’objet d’un travail de découverte et de compréhension.

Lire aussi sur le Café Pédagogique :
- Eveline Charmeux : Lire, c’est comprendre

 

66 visiteurs en ce moment

*Top SNUipp 93, Bourse Départementale du Travail, 1 place de la Libération, 93016 BOBIGNY cedex - Tel : 01.48.96.36.11 - Fax : 01.48.96.36.80 - email : snu93@snuipp.fr
©Copyright 2006 - SNUipp-FSU 93 Seine Saint Denis, tous droits réservés.