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11 mai 2009

Le SNUipp FSU et la réforme de la formation des maîtres

11 mai 2009 - La formation des enseignants gravement menacée par les décisions ministérielles.

Déclaration du SNUipp FSU 93 au Conseil de Formation de Seine Saint Denis. Lundi 11 mai 2009 Nous tenons à exprimer solennellement notre consternation devant la façon dont est géré par le ministère le dossier de la réforme de la formation des maîtres. Les ½ mesures prises par le gouvernement génèrent la rupture de confiance des personnels envers les principaux responsables de l’institution. A la différence du ministre, les personnels agissent depuis des semaines pour que ne soit pas bradée une des qualités de notre service public d’éducation : la formation en alternance avec une solide formation théorique.

La question de l’élévation du niveau de formation des enseignants est trop sérieuse pour qu’elle devienne le terrain d’une bataille idéologique qui renvoie cette élévation du niveau à la seule responsabilité individuelle des candidats en exigeant d’eux qu’ils aient tout appris ou presque avant les concours.

Le SNUipp, favorable à une reconnaissance au niveau master du métier d’enseignant rappelle qu’il désapprouve totalement le caractère précipité et aventureux du dispositif actuel dont il demande l’abandon pour ouvrir de réelles négociations.

Le SNUipp demande solennellement aux ministres d’entendre cette exigence dans l’intérêt des élèves, des enseignants et des formateurs en maintenant l’ensemble du dispositif de préparation au concours, d’épreuves du concours et d’année de stagiaire.

L’idéologie minimaliste du ministère en matière de formation initiale est la conséquence immédiate des restrictions budgétaires que le système éducatif va devoir supporter dans les années à venir : non seulement nous nous acheminons vers la fin de la formation théorique et vers une prise de fonctions directe sur le terrain, mais en plus il faudra, dès la prochaine rentrée faire avec 3000 postes de moins au concours. La mise en oeuvre de ces régressions en Seine Saint Denis nous fait passer de 750 PE2 à 540 à la rentrée prochaine, et cela va avoir une incidence directe sur les volumes de stages de formation continue.

Dans la logique de suppression de la formation initiale en alternance, la formation continue sur le temps de travail disparaît dans le projet ministériel alors qu’un nécessaire va et vient entre l’évolution des connaissances et les pratiques pédagogiques à travers la formation continue est nécessaire.

Concernant la formation initiale, nous considérons que ces mesures, si elles étaient appliquées, entraîneraient une très grave dégradation de la formation et du recrutement des enseignants du premier degré et, à terme, une remise en cause des concours nationaux et une précarisation des personnels enseignants.

Ces mesures conduisent en effet à un affaiblissement inacceptable des contenus disciplinaires et professionnels de la formation initiale des maîtres : l’année de stage de formation en alternance rémunérée existant actuellement est supprimée dans le projet ministériel. Et les « stages » prévus pendant les deux années des « masters enseignement » ne sont nullement à même de compenser les effets néfastes de cette suppression – ou de sa réduction à une décharge symbolique lors de la première année d’exercice.

La précipitation qui a caractérisé la gestion de ce dossier, les incessants bricolages qui se succèdent depuis l’annonce de la réforme, les tergiversations, les annonces sans suite, les « mesures transitoires », les incertitudes maintenues sur les modalités des épreuves et les programmes du concours, ont créé un tel climat de confusion et de chaos qu’il est urgent et impérieux de reprendre totalement le dossier pour qu’émerge un projet intellectuellement et professionnellement cohérent.

Dans cette perspective nous prenons acte de l’annonce du ministre concernant le maintien en l’état pour 2010 du CRPE. Ce n’est cependant pas le cas dans le projet de décret en date du 15 avril 2009 qui stipule l’obligation d’une inscription en première année de master en même temps que l’inscription au concours.

Comme l’ensemble des collègues engagés dans la mobilisation contre les réformes actuelles, nous pensons que toute refonte des concours doit être arrêtée à l’issue d’une large concertation et de véritables négociations avec tous les acteurs de la formation des enseignants. Celles-ci supposent un retrait des projets actuels, un réexamen complet du dossier de la formation et du recrutement des enseignants et l’abandon de toute « mesure transitoire » .

Nous ne sommes évidemment pas hostiles par principe à toute refonte des concours et nous avons assez répété que nous sommes favorables à l’ambition affichée d’élévation du niveau de formation des enseignants. C’est dans cette optique que nous tenons à rappeler quelques principes qui sont, selon nous, essentiels pour toute réforme à venir des concours de recrutement des enseignants du premier degré :

  • le recrutement de tous les enseignants doit se faire par concours nationaux avec un programme national, des épreuves nationales et des jurys constitués comme c’est le cas actuellement d’enseignants du primaire et du secondaire, d’enseignants et d’enseignants chercheurs des IUFM et de membres des corps d’inspection.
  • Les lauréats doivent avoir le statut de fonctionnaires stagiaires de la fonction publique d’État et pour leur assurer une véritable formation pédagogique et professionnelle l’année de stage rémunérée de formation en alternance avec un service significativement réduit doit être maintenue. Le ministère de l’Education Nationale a reconnu la nécessité d’un temps de formation d’un tiers de service pendant l’année de stagiaire.
  • Le SNUipp demande solennellement, qu’après le maintien des concours et des conditions de préparation, soit également maintenues les conditions d’organisation de l’année post concours (année de PE2) constituée de 60 % temps en formation à l’IUFM et de 40 % en stage comme le demande la conférence des présidents d’Université. Pourquoi priver une promotion de professeurs des écoles de cette année de formation professionnelle essentielle pour l’exercice d’un métier complexe et exigeant ?

En tant que représentants des personnels soucieux de l’intérêt des candidats, des futurs enseignants et des élèves, notre responsabilité est en tout premier lieu d’assurer, dans les meilleures conditions d’équité possibles, un concours d’un niveau élevé, fondement de la légitimité scientifique et professionnelle des lauréats et de la qualité du service public d’enseignement.

Il est également de notre responsabilité de ne pas nous taire devant ce que nous considérons comme un gâchis et un désordre qui ne peuvent à terme qu’entraîner une dégradation du niveau de recrutement des enseignants et donc de l’enseignement dispensé aux élèves.

C’est dans cet esprit que nous exigeons que les personnels du 1er degré en formation initiale à Livry-Gargan cette année puissent bénéficier de réelles commissions d’évaluation de leur stage en responsabilité, et que ne soient pas mis en danger de licenciement les personnels qui étaient en redoublement ou en maintien de scolarité ainsi que tous ceux pour lesquels les doutes auraient pu être levés dans le cadre de regards croisés des différents personnels en charge de cette évaluation (enseignants formateurs du primaire enseignants et enseignants chercheurs des IUFM et membres des corps d’inspection).

Les commissions d’évaluation qui n’ont pu se tenir à Livry Gargan, conséquence directe de l’entêtement ministériel, doivent être réunies dans les meilleures conditions pour que l’institution ait tout son sens et que le service public garantisse la qualité de la formation dispensée aux futurs enseignants des écoles.

Le SNUipp FSU poursuivra son action avec détermination et sérénité dans le cadre qui l’a toujours motivé : l’amélioration du service public d’éducation pour la réussite de tous les élèves.

 

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