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14 février 2020

Pour quelques 500 millions :
un leurre de revalorisation... sous contreparties


Des propositions pas à la hauteur et non sans contreparties.

Le projet d’utilisation des 500 millions d’euros affectés dans la loi de finance en 2021 a été dévoilé vendredi par le ministère terminant une première phase de concertation sur la revalorisation des enseignantes et des enseignants. Des propositions pas à la hauteur et non sans contreparties.

Dans le cadre d’une réforme des retraites qui ferait perdre plus de 600 euros de pension mensuelle moyenne aux générations nées après 1975, les propositions du ministère pour 2021 se situent dans le cadre étriqué d’une somme globale de 500 millions pour plus de 900 000 personnels concernés… Quatre scénarios ont été dévoilés et mettraient en place une « prime d’attractivité du métier » dégressive avec l’ancienneté dans la carrière. Son montant serait variable en fonction du nombre de personnels concernés, la volonté du ministère étant de valoriser en premier lieu les débuts de carrière. Le premier scénario ne toucherait que les neuf premières années de carrière (14 % des enseignants) ; le deuxième les 12 premières années (23 % des enseignants) ; le troisième les 18 premières années (44 % des enseignants) ; le quatrième toute la classe normale (76 % des enseignants). Dans ce dernier scénario par exemple, l’indemnité se monterait à un peu plus de 90 euros net mensuel en début de grille et à moins de 15 euros en fin de grille.

Cette revalorisation se ferait sous une forme indemnitaire pour les concernés et perdurerait au-delà de 2021. Par ailleurs le ministère s’est également engagé sur l’amélioration des conditions d’accès à la hors-classe et à la classe exceptionnelle.
Enfin deux autres mesures seraient financées sur cette même enveloppe de 500 millions : des temps de formation continue rémunérés pendant les vacances ainsi que le développement des heures supplémentaires effectives (HSE) dans le second degré. Autant dire la mise en place d’un « travailler plus pour gagner plus », alors même que la revalorisation devrait entièrement porter sur la reconnaissance de la réalité du travail visible comme invisible qui n’est plus à démontrer dans la profession.

Une bien maigre revalorisation
Même si cette première concrétisation est à mettre complètement à l’actif des mobilisations enseignantes depuis le 5 décembre dernier, elle reste d’une part complètement corrélée à la question des retraites, ne correspond pas à la hauteur du déclassement salarial que subissent les enseignantes et les enseignants français et ne concerne pas l’ensemble des enseignants et des enseignantes. Ainsi en ne s’engageant que sur une première enveloppe de 500 millions et sur une loi de programmation pluriannuelle sur cinq ans débordant la mandature actuelle et avec, a priori, 500 millions supplémentaires chaque année, le ministère n’affiche même plus l’objectif des 10 milliards qui avait pourtant été annoncé plusieurs fois face caméra. On est loin pour l’instant de la mise en œuvre d’une véritable loi de programmation pluriannuelle ambitieuse permettant de revaloriser très rapidement l’ensemble de la profession et d’améliorer fortement l’attractivité du métier.

Une revalo en forme de leurre pour modifier le métier ?
Ces annonces sur la revalorisation ont été précédées de trois ateliers de travail au ministère revisitant les missions des personnels enseignants avec l’idée d’évoluer vers une « meilleure gestion des ressources humaines ». S’il est vrai qu’en la matière la marge de progrès est conséquente pour ce ministère-employeur, ses objectifs sont en contradiction avec ce qui fait la culture du métier. « Individualisation des carrières », « développement des postes à profil », « introduction de la direction d’école dans la chaine hiérarchique », autant d’objectifs plus ou moins avoués qui viennent donner une couleur managériale bien éloignée des valeurs de l’école et surtout de ses besoins pour améliorer la réussite de tous les élèves. Développer les collectifs de travail ne peut consister à imposer des pratiques et des fonctionnements, comme peut le laisser à penser la recherche d’un « meilleur pilotage » cher à ce ministre…

Le sujet de la revalorisation du métier enseignant doit être déconnecté du dossier des retraites. Ce métier ne s’exerce pas au mérite. Il mérite tout au contraire une véritable reconnaissance financière pour en améliorer ses conditions d’exercice et d’attractivité et ce sans aucune contrepartie supplémentaire. Il reste encore bien du chemin à faire. Le ministère ne l’entend pas. Le SNUipp-FSU, avec les syndicats de l’éducation de la FSU, va rencontrer les autres organisations syndicales pour envisager avec eux une mobilisation à la mi-mars.

Communiqué de la FSU




Les discussions sont ouvertes sur l’indispensable revalorisation salariale des personnels enseignants pour compenser les effets de la réforme des retraites. Alors que le ministère entend la lier à une redéfinition du métier, le SNUipp-FSU pose ses revendications.

Tout le monde le sait, les enseignantes et les enseignants seraient les grands perdants d’une retraite par points. Aussi, le ministère entame un cycle de discussions qui se poursuivra jusqu’en juin pour élaborer les compensations et n’envisage la revalorisation que sous cet angle. Une première rencontre s’est tenue le 23 janvier dans un contexte de défiance et de fort mal-être de la profession. Elle s’inscrivait dans le cadre de la concertation prévue de janvier à mars sur le chantier de réforme des retraites. Un séminaire en présence du ministre conclura cette première phase fin mars 2020, avant l’ouverture d’une phase de négociation d’avril à juin.
Pour l’heure, la rue de Grenelle continue de n’envisager la revalorisation des PE qu’en compensation des effets négatifs de la mise en place d’une retraite par points.
Au cours de la réunion, pas d’engagement réel du ministère qui a seulement confirmé l’enveloppe supplémentaire de 500 millions sur le budget 2021 et annoncé une loi de programmation pour la période de 2022 à 2026 qui serait complétée d’un rapport pour projeter les dépenses sur une durée plus longue. Un rapport… autant dire qu’on est loin d’une assurance de financement qui permettrait de rendre crédible la promesse des fameux 10 milliards s’étalant jusqu’en 2037.

Pas de contreparties
De plus, le ministère a souhaité balayer les différentes missions exercées par les PE. « Enseignement, accompagnement des élèves, relations aux familles, continuité du service publics » : sur chacun de ces points, la rue de Grenelle reste évasive et ne dit pas, pour l’instant, comment elle veut faire évoluer les missions des PE. Sans doute, le contexte n’est-il pas à la divulgation de contreparties et donc d’une charge à la hausse.

Pour le SNUipp-FSU, il ne saurait être question que la charge de travail augmente en échange d’une revalorisation salariale. C’est pourquoi le syndicat a redit son opposition à une formation continue obligatoire pendant les vacances, même rémunérée. Il a aussi rappelé la nécessité de reconnaître l’ensemble du travail « invisible » effectué par les PE qui dépasse largement le cadre des 108 heures annuelles réglementaires.
Il a enfin décliné ses revendications :
- le triplement de l’ISAE pour reconnaitre l’ensemble des missions et des heures déjà effectuées par la profession.
- la création d’une indemnité d’équipement afin que les personnels n’aient plus à financer eux-mêmes leurs outils de travail.
- Une augmentation de l’ensemble des indemnités et que désormais toutes et tous les PE en bénéficient.

Le SNUipp-FSU réclame une revalorisation qui soit déconnectée du dossier des retraites, en agissant sur la grille des salaires avec un accès pour toutes et tous aux indices terminaux du corps des PE. Il s’oppose à toute contrepartie ou prime au mérite et réclame le maintien du pouvoir d’achat en augmentant fortement la valeur du point d’indice.

Lire aussi :
- Le communiqué du SNUipp-FSU
- Salaires enseignants : pas brillants



Les discussions sont ouvertes sur l’indispensable revalorisation salariale des personnels enseignants pour compenser les effets de la réforme des retraites. Alors que le ministère entend la lier à une redéfinition du métier, le SNUipp-FSU pose ses revendications.
Tout le monde le sait, les enseignant-es seraient les grands perdants d’une retraite par points. Le ministère entame un cycle de discussions qui se poursuivra jusqu’en juin pour élaborer les compensations et n’envisage la revalorisation que sous cet angle alors même que le conseil d’état dans un rapport rendu public a qualifié la non-constitutionnalité du paragraphe spécifique sur la sécurisation des pensions pour les seul-es enseignant-es.

Une première rencontre s’est tenue le 23 janvier dans un contexte de défiance et de fort mal-être de la profession.
Au cours de la réunion, pas d’engagement réel du ministère qui a seulement confirmé l’enveloppe supplémentaire de 500 millions sur le budget 2021 et annoncé une loi de programmation pour la période de 2022 à 2026 qui serait complétée d’un rapport pour projeter les dépenses sur une durée plus longue. Un rapport… autant dire qu’on est loin d’une assurance de financement qui permettrait de rendre crédible la promesse des fameux 10 milliards s’étalant jusqu’en 2037.

Pas de contreparties
De plus, le ministère a souhaité balayer les différentes missions exercées par les PE. « Enseignement, accompagnement des élèves, relations aux familles, continuité du service publics » : sur chacun de ces points, la rue de Grenelle reste évasive et ne dit pas, pour l’instant, comment elle veut faire évoluer les missions des PE. Sans doute, le contexte n’est-il pas à la divulgation de contreparties et donc d’une charge à la hausse.
Pour le SNUipp-FSU, il ne saurait être question que la charge de travail augmente en échange d’une revalorisation salariale. C’est pourquoi le syndicat a redit son opposition à une formation continue obligatoire pendant les vacances, même rémunérée. Il a aussi rappelé la nécessité de reconnaître l’ensemble du travail « invisible » effectué par tous les PE qui dépasse largement le cadre des 108 heures annuelles réglementaires.

Le SNUipp-fSU s’oppose à toute contrepartie ou prime au mérite et réclame le maintien du pouvoir d’achat en augmentant fortement la valeur du point d’indice.

Le SNUipp-FSU a exigé :
Des mesures d’urgence immédiates :
- Le versement de l’ISAE à toutes et tous sans exclusion et son triplement pour reconnaitre l’ensemble des missions et des heures déjà effectuées par la profession.
- La création d’une indemnité d’équipement afin que les personnels n’aient plus à financer eux-mêmes leurs outils de travail.

Le SNUipp-FSU réclame :
- Le dégel du point d’indice
- Une revalorisation salariale conséquente déconnectée du dossier des retraites. La revalorisation du point d’indice doit être indexée sur l’inflation et permettre de rattraper les pertes de pouvoir d’achat dues à l’augmentation du coût de la vie depuis plus d’une décennie.
- Un accès pour tout-es aux indices terminaux du corps des PE (classe exceptionnelle).
- La transformation de toutes les indemnités en indiciaire.


Lire aussi :
- Rapport du conseil constitutionnel : Retoqué ?




Avant dernière mesure de la déclinaison Éducation nationale du protocole d’accord PPCR, un certain nombre d’enseignant-es des écoles verront le 1er janvier leur grille indiciaire améliorée de quelques points, pour une augmentation mensuelle allant de 7 à 41 euros sur la feuille de paie.

Ce sont les 300 euros annuel d’augmentation annoncés à grand renfort de grosse caisse par le ministre de l’Éducation nationale cet automne. Une mesure qu’il s’était attribuée un peu vite et qui découle en réalité de « PPCR », les accords de revalorisation des carrières dans la Fonction publique signés sous le précédent quinquennat.
À partir du 1er janvier 2020, en fonction de leur grade et de leur échelon, quelques points d’indice supplémentaires sont attribués à un certain nombre d’enseignantes et d’enseignants des écoles pour une augmentation allant de 7 à 57 euros. La mesure arrive avec un an de retard, Édouard Philippe ayant gelé sa mise en œuvre à son arrivée à Matignon.

Le tableau (en points et en euros*)

Échelon Instit PE PE Hors classe
12
11 5 (19€) 4 (15€)
10 10 (38€) 4 (15€)
9 5 (19€) 7 (26,50€)
8 5 (19€) 10 (38€)
7 5 (19€) 8 (30€)
6 5 (19€) 9 (34€) 8 (30€)
5 5 (19€) 7 (26,50€)
4 3 (11€) 5 (19€)
3 3 (11€) 11 (41,50€)
2 8 (30€)
1 2 (7,50€) 2 (7,50€) 15 (56,50€)

* valeur approchée

N.B : Au 1er janvier, la cotisation retraite passe de son côté de 10,83 à 11,10% du traitement brut, soit de 5 à 11€ en moins en fonction des situations. Résultat, une partie de la profession verra de son côté son salaire baisser de quelques euros à cette rentrée.


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