www.snuipp.fr

SNUipp-FSU 93 Seine Saint Denis

Thèmes abordés


Vous êtes actuellement : Maternelle 

fontsizeup fontsizedown impression s'abonner  à la rubrique {}
5 septembre 2019

Scolarisation des 3 ans : dérapage du ministre

Le fondamentalisme religieux aurait tendance à éloigner les filles de l’école : le ministre se prend les pieds dans le tapis, mais le mal est fait.

Ainsi donc l’abaissement de l’instruction obligatoire à 3 ans permettrait-il de lutter contre le fondamentalisme religieux qui aurait tendance à éloigner les filles de l’école. Le ministre se prend les pieds dans le tapis, mais le mal est fait.

Cette affirmation du ministre de l’éducation nationale le 31 août sur les ondes de France Culture a de quoi faire réagir et a obligé bon nombre de journalistes à chercher dans les statistiques des données chiffrées permettant d’étayer cette parole. Mais, les faits sont têtus, il n’en est rien. En effet comme le montrent les études mises à jour annuellement par la DEPP, les filles sont aussi bien scolarisées que les garçons. Et parmi ceux et celles qui ne le sont pas (très minoritaires) on retrouve une proportion sexuée à l’image des taux de filles et garçons parmi les naissances.

Rétropédalage en règle
Vivement interpellé, l’entourage de Jean-Michel Blanquer a dû ramer à contre-courant expliquant que les propos du ministre n’avaient pas valeur de statistiques mais qu’il souhaitait pointer la situation de certaines familles, dans certains quartiers, à certains endroits… Une information à peu près invérifiable donc mais qui surfe allègrement sur la peur entretenue dans l’espace public de la présence massive d’un fondamentalisme religieux qui sévirait dans les quartiers empêchant les petites filles d’aller à l’école.

- Lire la note de la DEPP

- Lire l’article du Monde : L’erreur de Jean-Michel Blanquer sur les « petites filles qui ne vont pas à l’école maternelle »

Une mesure que la rue de Grenelle peine à justifier
Le dérapage du ministre pourrait aussi laisser penser qu’il a bien du mal à justifier une mesure qui n’aura de fait que très peu d’incidence sur le taux et les conditions de scolarisation et qui s’avère en revanche un véritable cadeau pour l’école privée sous contrat. Rappelons que dans les territoires les plus en difficulté avec la scolarisation des jeunes élèves, comme Mayotte ou la Guyane, les moyens ne sont déjà pas au rendez-vous pour scolariser pleinement les plus grands …

Des propos qui n’aident pas
Ce ne sont pas de telles paroles qui pourront aider les équipes dans les écoles à construire un lien de confiance et de proximité avec toutes les familles quand certaines d’entre elles sont ainsi pointées du doigt. Aussi, la rue de Grenelle aurait pu s’abstenir de prononcer des propos qui d’habitude ne dépassent pas le comptoir en zinc. à moins que, coûte que coûte, il soit indispensable de construire un écran de fumée pour mieux masquer les moyens insuffisants permettant de renforcer la scolarisation là où elle fait réellement défaut ou encore de permettre aux élèves d’âge maternel et à leurs enseignantes et enseignants de travailler dans de meilleures conditions.


Le 27 août 2019

Aménagement de l’obligation d’assiduité en petite section maternelle : On fait comment ?

Suite à l’obligation d’instruction à partir de 3 ans à compter du 1er septembre 2019, la problématique des enfants faisant la sieste à la maison va se poser. De nombreuses écoles du département n’ont pas les capacités nécessaires (espace, nombre de lits) pour l’accueil de l’ensemble des élèves de petite section.

Le DASEN de Seine-Saint-Denis a diffusé le 5 juillet dernier une circulaire départementale, et un formulaire à compléter par les familles qui souhaitent un aménagement des horaires de scolarisation.

Voici ce que dit le
décret n°2019-826 du 2 août 2019 « relatif aux modalités d’aménagement de l’obligation d’assiduité en petite section maternelle » est paru au JO le 4/08/19.

La demande
Elle est « écrite et signée » par les parents de l’élève concerné et adressée à la direction de l’école, qui la transmet, avec son avis à l’IEN de la circonscription dans un délai de deux jours.

Cet avis est délivré après consultation de l’équipe éducative.

Dès lors que l’avis est favorable, l’aménagement est mis en place, à titre provisoire dans l’attente de la décision finale de l’IEN.
En cours d’année, les parents peuvent faire une demande de modification de l’aménagement selon les mêmes modalités que pour la demande initiale.

La décision finale de l’IEN
L’IEN a quinze jours pour transmettre sa décision à l’école, à défaut, la décision est réputée favorable. C’est à la direction de l’école de communiquer aux parents par écrit la décision de l’IEN. Pour le SNUipp-FSU 93, en cas de décision défavorable de l’IEN, il convient de renvoyer les parents insatisfaits vers lui.

Le rôle du règlement intérieur
C’est l’outil qui doit permettre aux équipes éducatives d’encadrer le dispositif. Ainsi, dans la partie portant sur les horaires de l’école, les conseils d’école pourront statuer sur une deuxième séquence de rentrée en classe l’après-midi dans le cadre de ce dispositif. Il s’agira de préciser un horaire déterminé (exemples de 15 h à 15 h 10, 15 h 15 à 15 h 25, ….). Il y aura aussi lieu de rappeler la nécessité de respecter ces horaires, en excluant toute possibilité d’adaptation supplémentaire.
Le SNUipp-FSU 93 estime que l’aménagement proposé est inopérant pour un certain nombre d’école du département et va impliquer de nouvelles tâches administratives pour les directeurs d’école qui vont devoir faire remplir ces formulaires.

Faudra-t-il pousser les murs pour pouvoir accueillir l’ensemble des élèves de petite section ? Avec quel matériel ?

Y aura-t-il des recrutements de gardien-ne d’école afin de mettre en œuvre des accueils différés l’après-midi ?

Nous savons bien que, même si un horaire fixe de retour est prévu l’après-midi, le défilé des parents va être continu et désorganiser le bon fonctionnement des écoles.
La mise en place de la scolarisation obligatoire à 3 ans dans le cadre de la loi Blanquer va de nouveau faire peser cette responsabilité sur les enseignan-tes et sur les municipalités.
Ce n’est qu’une des illustrations pragmatiques de la circulaire de rentrée qui marque un tournant symbolique pour l’école maternelle.
Il est temps d’arrêter les injonctions déconnectées du réel et d’enfin d’améliorer le fonctionnement de l’école en réaffirmant l’importance du collectif de travail et ainsi favoriser une école de qualité pour tou-tes ! C’est d’une toute autre ambition dont a besoin l’école.

En cas de difficultés, n’hésitez pas à nous contacter !

Lire aussi :
- Document de la mission maternelle 93 concernant la sieste à l’école

 

31 visiteurs en ce moment

*Top SNUipp 93, Bourse Départementale du Travail, 1 place de la Libération, 93016 BOBIGNY cedex - Tel : 01.48.96.36.11 - Fax : 01.48.96.36.80 - email : snu93@snuipp.fr
©Copyright 2006 - SNUipp-FSU 93 Seine Saint Denis, tous droits réservés.