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5 juillet 2019

Évaluations Nationales :
où nous conduisent-elles ?


Les évaluations constituent le levier de mise en œuvre d’un modèle pédagogique promu par le ministère.
Analyses par Roland Goigoux des « bobards » de la communication ministérielle.



Évals CP : les infox du ministère

« Faire mentir les chiffres, en pédagogie aussi. » Dans un texte très documenté, Roland Goigoux, spécialiste reconnu de l’enseignement de la lecture, détaille les impasses des évaluations CP et leurs conséquences néfastes sur l’organisation même des enseignements. Il revient également sur les « bobards » de la communication ministérielle.

« Ne prendrait-on pas les professeurs des écoles, peut-être aussi les journalistes, pour des crétins ? » Roland Goigoux, dans un texte sur les évaluations CP dont il a donné la primeur au SNUipp-FSU, met les pieds dans le plat. Ou pour mieux dire, dans la cuisine de la rue de Grenelle où a été élaboré ce dispositif par les équipes de Jean-Michel Blanquer.
De quoi s’agit-il ? D’abord, d’une mise en cause de la communication ministérielle sur les résultats des évaluations. Le chercheur consacre ensuite un long développement à l’analyse de ces mêmes résultats, aux projets de remédiation qui leurs sont associés et à la façon dont seraient désormais adossés les enseignements à ces évaluations.
Il revient enfin sur quelques « petits arrangements avec la réalité » de la doxa ministérielle, sur son caporalisme et ses conséquences prévisibles pour la classe.

Les premiers résultats sont là...
« Si, en début de CP, 23% des élèves n’identifiaient que la moitié des lettres et des sons qui leur étaient soumis, ils ne sont plus que 3,3% au mois de janvier. », indiquait la Depp, le service des statistiques de la rue de Grenelle, lors de la publication fin avril des résultats des évaluations. Le premier chiffre de cet exemple, mis en avant par le ministre dans sa communication est exact, reconnait Roland Goigoux. Sauf qu’il est corrélé à un test très complexe, qui évalue une compétence n’apparaissant pas dans le programme de la maternelle. Le deuxième chiffre est lui aussi exact, d’ailleurs. Mais le chercheur s’empresse, à juste titre, d’ajouter qu’il est assez normal qu’entre septembre et janvier... les élèves aient appris des choses.

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La réponse à l’intervention
C’est la partie la plus dense du document. Roland Goigoux y explique le sens d’un dispositif d’évaluation qui n’est en réalité que la première partie d’un dispositif plus vaste : « La réponse à l’intervention » (RAI). Une conception des enseignements d’inspiration anglo-saxonne, dont l’objectif est « d’intervenir le plus tôt possible pour prévenir les difficultés d’apprentissage sans attendre que l’échec s’installe et sans se soucier, dans un premier temps, des causes de ces difficultés. » Un dispositif où « Le choix des tests joue un rôle primordial dans l’élaboration des tâches de remédiation et, plus largement, des tâches d’enseignement ». Or, il détaille la façon dont ont été construits ces tests, leur inadaptation à un contexte scolaire ordinaire et les libertés méthodologiques qui ont été prises au service de la démonstration. Alors bien sûr, intervenir avant que l’échec ne s’installe, l’intention est louable, reconnait le chercheur. Pourtant, plusieurs conditions doivent être réunies pour que cela fonctionne et à l’évidence, elles ne sont pas réunies en l’espèce. Il en fait la liste. Par ailleurs, la démarche reste contestée par toute une partie de la recherche internationale. Et enfin il avertit que le risque est grand de ne plus enseigner que ce qui est évaluable, en laissant de côté des pans entiers des savoirs. Des savoirs qui pourtant donnent du sens à tous les apprentissages, y compris au "lire, écrire, compter"...

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De petits arrangements avec la réalité
Cette forme de traitement des difficultés scolaires charrie avec elle des modalités d’action pédagogique spécifiques. « Elles peuvent présenter un intérêt lorsqu’elles sont utilisées à bon escient », admet Roland Goigoux… Pour peu qu’elles ne restent qu’une technique possible parmi d’autres.
Or, à la lecture de la circulaire de rentrée 2019, comme au vu des formations aujourd’hui dispensées aux cadres de l’Éducation nationale, et à celles prévues pour les enseignants, c’est une forme de pédagogie officielle qui est en train de s’installer à bas bruit. Avec une politique éducative marquée par l’autoritarisme, qui se veut rationnelle et fondée « sur la preuve », alors même que cette preuve est fort loin d’être administrée. Le chercheur en donne quelques exemples, s’agissant notamment des vertus supposées de la "syllabique intégrale". Enfin, et comme une illustration du propos, il débusque un « énorme mensonge par omission » au sujet des résultats des CP dédoublés comparés à ceux du dispositif « Plus de maîtres que de classes. »

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Au total, un texte argumenté et salutaire, qui met le doigt là où ça fait mal. Et alors que la loi "Pour une école de la confiance" arrive au Sénat, avec justement tout un volet dédié à une réforme de l’évaluation de l’Éducation nationale qui placerait celle-ci, de facto, sous la coupe de la rue de Grenelle, la question est bel et bien posée. Stop ou encore ?



Le 29 mars 2019

Évaluations nationales : Construire malgré les pressions !

Réunion départementale Spéciale
"Evaluations nationales :
Construire malgré les pressions !"

Ouverte à tou-tes les collègues
Lundi 1er à 17h30 Salle Henri Oreste
Bourse départementale du Travail à Bobigny


Menaces de sanctions : la FSU reçue au ministère

Le SNUipp, avec la FSU, a rencontré mercredi 20 mars, Edouard Geffray, directeur général des ressources humaines au ministère de l’Éducation nationale, suite au courrier qu’il a adressé aux Recteurs et Dasen, qualifiant de faute professionnelle le refus de faire passer et remonter les résultats des évaluations CP.
Lire la suite...



En cas de pression locale ou de difficultés : CONTACTEZ-NOUS au plus vite !!

Communiqué du SNUipp-FSU
Le 13 mars 2019


Faute professionnelle et sanctions disciplinaires, rien de moins. C’est la menace qui pèse sur les enseignants qui refusent de continuer à participer aux évaluations CP, des évaluations peu adaptées aux élèves et qui ne leur apportent pas d’aide, pas plus qu’à leurs enseignants. Toute la communauté éducative a pu constater qu’avant même l’ensemble des résultats saisis, le ministre faisait déjà des annonces. Avec un seul objectif : jeter le discrédit sur l’école et ainsi justifier ses partis pris pédagogiques qu’aucune recherche ne confirme. La ficelle était suffisamment grosse pour que le corps enseignant doute d’évaluations nationales réellement au service des apprentissages.

Jean-Michel Blanquer, en difficulté avec sa loi, convainc de moins en moins. Fragilisé, il tente le passage en force en menaçant les enseignants. Or, ceux-ci font leur travail : ils appliquent les programmes, ainsi que les textes en vigueur dont le dernier est la loi de refondation de 2013. Ils évaluent les progrès et les réussites de leurs élèves pour adapter aux mieux leurs pratiques pédagogiques et rencontrent les parents. De même, personne ne renonce à l’évaluation du système éducatif qui peut fort bien continuer à se mener sur échantillon.

Cette crise d’autoritarisme n’a donc pas lieu d’être. Le ministre doit retrouver son sang-froid et ne pas penser qu’on peut avoir raison tout seul. Les enseignants, tous les jours, font la preuve de leur engagement pour l’école et de leur sérieux malgré des conditions d’exercice de leur métier et une reconnaissance salariale très en dessous de leurs homologues des pays comparables. Et ce n’est pas à coups de menton vindicatifs que la rue de Grenelle fera baisser la tension qui monte dans les écoles.

Oui, les personnels des écoles contestent les évaluations et la politique éducative du ministère qui ne répond pas aux difficultés de l’école et les aggrave. C’est ce qu’ils diront haut et fort le 19 mars dans la grève interprofessionnelle et le 30 mars dans les mobilisations unitaires contre la loi « pour une école de la confiance ».

Communiqué intersyndicale du 93


Lire aussi :
- Menaces : Les syndicats dénoncent une crise d’autoritarisme du ministre
- Evaluations, réformes : Le ministère menace les enseignants




Le SNUipp-FSU appelle à ne pas faire passer les évaluations !
Communiqué intersyndical unitaire


Cliquez ci-dessous pour lire et imprimer le communiqué

COMMUNIQUE INTERSYNDICAL

Évaluations CP : c’est toujours non !
Respect de la liberté pédagogique !





En 1min30, vidéo de l’appel du SNUipp-FSU aux enseignants (cliquez sur l’image)



Proposition du SNUipp-FSU 93 aux enseignants de Seine-Saint-Denis :
- Parlez-en équipe ; c’est toujours mieux de partager l’analyse de la situation, et faire en sorte que la décision soit prise le plus collectivement possible. La mesure « 100% réussite » de JM Blanquer a déjà trop tendance à couper les collègues de CP et CE1 des autres enseignants de l’école : renforçons, au contraire, notre collectif de travail !
- S’il y a décision collective, notez-la dans un relevé de conclusion du conseil des maîtres, qui est une instance importante. Ne l’envoyez pas, pour l’instant aux IEN (rien ne presse), prenez le temps de rédiger vos analyses et arguments.
Vous trouverez ci-contre un modèle de motion de conseil des maitres à nous faire parvenir si vous le souhaitez.
- Tenez-nous au courant : contactez soit les responsables du SNUipp-FSU de votre ville, soit le SNUipp-FSU 93 (snu93@snuipp.fr ; 01 48 96 36 11).

Voici l’expression complète du conseil national sur la question des évaluations : « Le ministère décline sa culture de l’évaluation avec la seconde phase des évaluations de CP, l’inscription dans la loi « Pour une école de la confiance » de l’évaluation des établissements et la création d’un nouveau conseil d’évaluation (article 9). De fait, le ministère supprime le CNESCO et élimine une évaluation indépendante du système éducatif. Le SNUipp-FSU rappelle son soutien à la pétition en faveur du maintien du CNESCO et invite les enseignants à la signer.
La mise en place de l’évaluation des établissements du second degré qui s’étendra à moyen terme à ceux du 1er degré ouvre la voie à la mise en concurrence des écoles et à l’évaluation des enseignants au travers des résultats des élèves.
Les évaluations de mi-CP ne sont ni au service des élèves ni au service des enseignants et ne sont là que pour permettre au ministère d’imposer des méthodes. Elles concourent à alimenter un pilotage par les résultats qui conduira à une école de la performance et de la concurrence, c’est ce qu’ont dénoncé dans un courrier commun les 6 organisations syndicales (SNUipp-FSU, SE-UNSA, SGEN-CFDT, Snudi-FO, CGT et SUD), en en demandant l’abandon.

Le SNUipp-FSU poursuit ses actions unitaires avec les partenaires de l’école et appelle les enseignants à ne pas faire passer ces évaluations et les conseils de maîtres à s’emparer de la question ».

- Lire le courrier unitaire au ministre : SNUipp-FSU, SE-UNSA, SGEN-CFDT, Snudi-FO, CGT Educ’action et SUD-Education au niveau national


- Trois questions à Roland Goigoux : Des tests qui peuvent "s’avérer néfastes à moyen terme".

4-pages à imprimer :




VIDEO de 13mn pour analyser les évaluations, leur impact possible, le projet Blanquer.
Pour regarder la vidéo, cliquez sur l’image


Voir et lire aussi :
- (vidéo) Analyse de Roland Gori, psychanalyste et professeur émérite de psychologie et de psychopathologie clinique à l’université Aix-Marseille
- (vidéo) Décryptage des évaluations Blanquer à la lumière du New Public Management par Evelyne Bechtold Rognon, présidente de l’Institut de Recherche de la FSU.
- analyses et décryptages des évaluations de début d’année

 

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