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23 janvier 2020

Évaluations Nationales
Janvier 2020 :

Nouvelle année, même recette ...


Du lundi 20 au vendredi 31 janvier, seront à nouveau proposées aux élèves les évaluations mi-cp en mathématiques et français.
Le SNUipp-FSU réaffirme son opposition aux évaluations nationales standardisées, dénonce les pressions exercées et s’adresse de manière unitaire au ministre pour porter la réalité du terrain.
Le Café Pédagogique : A quoi servent les évaluations de CP - CE1 ?

Le SNUipp-FSU national soutiendra toutes les actions décidées par les collègues contre ces évaluations standardisées : non passation, non remontées, sélection des items, aménagement des modalités et des temps de passation, dépôt des livrets devant les DSDEN...

Du lundi 20 au vendredi 31 janvier, seront à nouveau proposées aux élèves les évaluations mi-cp en mathématiques et français. Identiques à celles de l’an passé, elles ont, cette année, été précédées par un rapport de l’inspection générale venu appuyer la communication de la rue de Grenelle.

Pour mener leur enquête, les inspecteurs généraux se sont déplacés dans 43 écoles choisies par les DASEN des départements concernés, ce qui oblige les rapporteurs à prévenir que cela ne constitue pas un échantillon représentatif. Et malgré le choix des écoles, qu’on imagine volontiers triées sur le volet, un tiers tout de même des personnels interrogés ont marqué leur indifférence vis-à-vis de cet outil aux inspecteurs de la rue de Grenelle. Et quand ceux-ci, voient dans la disparition des « évaluations maisons » de début d’année une évolution positive, on pourrait tout au contraire y voir la traduction concrète de la dépossession de la professionnalité des équipes au service d’un outil qui ne sert finalement que la communication ministérielle. Car si 2/3 des enseignantes et enseignants visités disent adhérer aux évaluations, ils sont tout autant à ne pas savoir qu’en faire.

Teaching to the test
Ces évaluations, le ministère souhaite les utiliser pour repenser les enseignements du cycle 1 et 2. Une volonté de pilotage des apprentissages par les évaluations que d’autres pays ont déjà essayé. Cette dérive, bien connue sous le nom de « Teaching to the test » consiste à prioriser les enseignements sur ce qui est évalué dans les tests standardisés. Ce recentrage sur les compétences instrumentales dites « fondamentales » ne permet pas, bien au contraire de lutter contre les inégalités sociales de destin scolaire. Une dérive que le SNUipp-FSU ne cessera de dénoncer et qui l’amène à soutenir toutes les actions menées par les écoles contre cette dé-professionnalisation du métier. Une lettre commune signée d’un collectif d’associations professionnelles, de mouvements pédagogiques et d’autres syndicats est partie à l’adresse du ministre pour lui rappeler l’opposition partagée à ce dispositif d’évaluations et dénoncer les pressions que subissent certaines équipes.

Un observatoire du métier
Dans le même temps, le syndicat propose à tous les enseignants et les enseignantes de se saisir de l’observatoire du métier qu’il a mis en place en novembre dernier, pour témoigner de ce qui fait le quotidien du métier. Les empêchements, les injonctions, mais aussi à l’inverse toutes les trouvailles, réussites et projets d’équipe qui permettent de continuer à trouver du sens et à tout mettre en œuvre pour conduire les élèves à progresser dans leurs apprentissages.

Lire aussi :
- Lancement de l’Observatoire du métier enseignant
- Le rapport de l’IGEN
- Fenêtre sur cours : "Teaching to the test"
- La lettre commune au ministre

Mercredi 22 janvier
Action Les évaluations, les injonctions pédagogiques, les pressions... on les envoie en l’air !
C’est nous qui enseignons c’est nous qui décidons !

Rassemblement à Paris à 13h



Début novembre, le ministre rend compte des résultats des élèves de CP et CE1 aux évaluations nationales de début d’année. Il communique sur les progrès « significatifs » des élèves mais il omet d’évoquer les résultats décevants en lecture-écriture ainsi que les écarts qui se creusent entre l’éducation prioritaire et les autres écoles.

Comme à son habitude, le ministre a communiqué par voie de presse sur les résultats des évaluations nationales CP et CE1 cette rentrée. Il évoque des progrès visibles ainsi que les effets du dédoublement des classes dans les quartiers défavorisés. Une communication très politique, en décalage avec les résultats présentés par la DEPP, service statistique du ministère.

Des progrès…
Le document de la DEPP montre des progrès. En CP, en mathématiques 87,7% des élèves savent par exemple écrire un nombre entier, soit une hausse de cinq points par rapport à 2018 et ils sont 92,3% à savoir les lire (+0,2%). En Français, 84% des CP comprennent les phrases lues par l’enseignant, soit une hausse de 1,9%.

En CE1, c’est surtout en français que le progrès des élèves a lieu. Ils sont par exemple 72,5% à savoir lire des mots à haute voix (+4,2), 82,5% à savoir écrire des syllabes simples et complexes (+3) et 82,4% à comprendre les phrases lues par l’enseignant (+5). En mathématiques,les élèves de CE1 progressent en géométrie, en calcul mental et en lecture de nombres.

Mais des reculs aussi !
Si le ministre parle de résultats « historiques », il passe sous silence la baisse d’une partie des résultats dévoilés par la DEPP. Les performances des élèves de CP sont moindres dans la reconnaissance des lettres (-2,1 points) ou dans la compréhension de mots isolés (-3,1%) et en mathématiques ils continuent massivement d’échouer sur l’exercice de la droite numérique.

Au CE1, la lecture à voix haute de textes et de mots et la compréhension orale de mots et d’écriture des mots sont les exercices les moins réussis. En mathématiques, l’exercice de résolution de problèmes et, dans une moindre mesure, ceux d’addition et de soustractions sont les moins bien réussis. L’exercice de la « ligne numérique » tant décrié par la profession et la recherche (voir Brissiaud, UDA 2018) est aussi moins bien maîtrisé.

Quant au suivi de cohorte, si des progrès avait été constatés en janvier 2019 (la Depp avait noté une légère réduction des écarts entre les performances des élèves scolarisés en éducation prioritaire et en dehors), ce n’est plus le cas en ce début de CE1. Bien au contraire : la DEPP relève « une augmentation des écarts entre secteurs de scolarisation ».

Et en éducation prioritaire ?
Globalement les élèves d’éducation prioritaire ont une maîtrise moins affirmée des différents domaines. Au CP, de gros écarts en français sont constatés notamment en compréhension orale (33 points pour la compréhension de mots lus par l’enseignant entre REP+ et public hors EP, et 22 points pour la compréhension orale de phrases). Des écarts moins importants mais qui sont significatifs pour la reconnaissance des lettres (15 points) et pour les compétences phonologiques (11 points pour la connaissance du nom et des lettres et des sons qu’elles produisent). En mathématiques, près de 25 points de différence entre REP+ et public hors EP pour l’exercice de résolution de problèmes.

Même constat pour les élèves de CE1 sur l’ensemble des domaines évalués. C’est en français, en compréhension orale, que les écarts les plus marqués sont constatés. En mathématiques, la DEPP constate un écart de 21 points avec les proportions d’élèves présentant une maîtrise satisfaisante.

Des dédoublements, loin de tenir toutes leurs promesses
Pour améliorer les résultats du système éducatif, le ministère a misé sur la baisse significative des effectifs des classes de CP et CE1 en éducation prioritaire au détriment des plus de maîtres que de classes qui avaient été mis en place dans le cadre de la refondation de l’éducation prioritaire en 2014. Il s’appuie sur plusieurs études dont celle réalisée par Thomas Piketty et Mathieu Valdenaire en mars 2006 qui indiquait qu’une forte réduction des tailles de classe conduirait à une réduction significative de l’inégalité de réussite scolaire. Mais les premiers résultats des dédoublements sont plutôt décevants.

Les causes de l’échec
Le ministre explique ces écarts par l’oubli qui touchent les élèves les plus fragiles durant les vacances d’été et propose pour y remédier des stages gratuits de soutien scolaire. Comment une semaine de soutien scolaire pourrait-elle compenser ces écarts importants à l’issue d’une année scolaire ?

Le SNUipp-FSU fait le constat que l’abaissement des effectifs s’est accompagné non seulement de la suppression des « Plus de maîtres » renvoyant à un exercice plus solitaire du métier mais aussi de prescriptions autoritaires. C’est à grand coup de note au BO, circulaires, guides, recommandations multiples, contrôle hiérarchique sur les classes sans oublier la révision des programmes que le ministère impose une pédagogie officielle. Ce faisant, des pratiques efficaces mais non conformes aux instructions officielles ont été discréditées, des professionnels démobilisés.

En imposant des évaluations qui mettent la focale sur la fluence et sur le déchiffrage, le travail sur la compréhension et la production d’écrits sont relégués au second plan. Utilisées comme outils pour piloter les écoles, les évaluations ouvrent la voie au « teaching for the test », un bachotage réducteur constaté de longue date en Angleterre et aux états-Unis. Les apprentissages sont centrés sur des compétences de bas niveau et ce sont les élèves les plus fragiles qui sont les plus impactés.
Pourtant comme le rappelle les résultats des élèves français aux évaluations internationales, ce sont les compétences complexes qui leur font défaut (compréhension de l’implicite).

Tout comme lors des précédentes évaluations, le ministère persiste à ignorer les aménagements réalisés sur le terrain. Nombre de PE ont remis en cause la pertinence d’évaluations chronophages peu adaptées aux élèves et à la réalité des classes. Beaucoup ont adapté la passation biaisant la fiabilité des résultats. Pourtant, le ministère s’entête et fixe des normes nationales.
Les évaluations, présentées à l’origine comme un outils de dépistage des difficultés des élèves et d’aide aux enseignantes et enseignants, sont utilisées pour rendre compte du niveau des élèves français. Un détournement au service de la politique éducative mise en place.

Un dispositif qui n’aide pas les élèves à mieux réussir
Le SNUipp-FSU continue de dénoncer l’inutilité de ces évaluations pour les élèves et les enseignants. Il alerte sur les risques de bachotage et refuse l’instrumentalisation des résultats pour piloter les écoles. Faire réussir tous les élèves nécessite une autre ambition.
La transformation du système éducatif ne pourra avoir lieu sans associer les acteurs, sans s’assurer de leur adhésion. L’ enquête TALIS de 2018 rappelle la nécessité d’encourager l’innovation et le développement plutôt que le respect à la conformité.
Si la baisse des effectifs est un levier réel pour obtenir la réussite de tous les élèves, il doit s’accompagner d’une transformation des pratiques d’abord portées par celles et ceux qui font l’école au quotidien.

Pour le SNUipp-FSU, cela passe par l’abandon des évaluations nationales standardisées et le renforcement du travail collectif d’équipes pédagogiques bénéficiant des apports de toute la recherche. Un fonctionnement de l’école dynamique et mobilisateur des compétences et expertises enseignantes, à l’opposé de la mise au pas imposée par le ministre.



Le 04 novembre 2019

Évaluations 2019 : des silences qui en disent long
5 nov. 2019 Par Roland Goigoux - Médiapart

La communication ministérielle sur les premiers résultats des évaluations CP et CE1 de la rentrée 2019 met en avant quelques progrès mais passe sous silence des résultats décevants en lecture-écriture qui contredisent les gros titres de la presse (cf. par exemple le JDD du 3 novembre).

Le principal résultat masqué est celui de l’échec de la politique du dédoublement des CP en éducation prioritaire, échec visible en étudiant les résultats CE1.

Les évaluations internationales avaient déjà montré que cette stratégie dont les objectifs démocratisants sont louables est le plus souvent d’un médiocre rapport coût-efficacité. Bref, elle coûte cher pour des améliorations modestes. Dans la France de 2019, elle coûte cher pour un bénéfice deux fois moindre qu’à l’étranger selon les évaluations de la DEPP.

Une lecture attentive du document de travail publié par la DEPP le 3 novembre (n° 2019-E03 : « Évaluations 2019 - Repères CP, CE1 : premiers résultats » ) permet de dévoiler les omissions ministérielles sur trois points au moins.

1. Le suivi de cohorte
La DEPP a suivi une cohorte d’élèves qu’elle a fait évaluer à trois reprises par les enseignants : au début du CP, mi-CP et début CE1. En janvier 2019, elle avait noté une légère réduction des écarts entre les performances des élèves scolarisés en Éducation prioritaire (EP) et hors EP. Ce n’est plus le cas au début du CE1, bien au contraire : la DEPP relève « une augmentation des écarts entre secteurs de scolarisation » (p. 68). En d’autres termes, les progrès moyens observés entre 2018 et 2019 ne sont pas également répartis sur le territoire : ce sont surtout ceux des élèves hors EP. Ce résultat est vrai pour tous les domaines de compétence évalués en Français : en un an, selon la DEPP (figure 54, p. 69), l’écart entre EP et hors EP s’est creusé d’environ 3 % en fluence, en compréhension de phrases comme en écriture de mots et de syllabes.

2. La comparaison entre REP+ et Hors EP
La DEPP présente certains résultats en isolant les élèves scolarisés en REP+, c’est-à-dire dans les secteurs les plus défavorisés, ceux qui étaient le cœur de cible de la politique du dédoublement. La figure 52 (p. 68) présente « les écarts de performances dans les domaines comparables en CE1 en 2018 et 2019 entre élèves scolarisés dans le secteur public hors EP et élèves scolarisés en REP+ ». On peut constater qu’en fluence, cible emblématique de la politique gouvernementale en matière de lecture, l’écart se creuse entre 2018 et 2019 : il était de 14,5 points en 2018, il est actuellement de 15,2 points. En vocabulaire, il passe de 31,1 en 2018 à 32,4 en 2019. Si « le niveau monte », il faut bien avouer qu’il ne monte pas pour tous.

3. Le niveau des élèves de REP+
L’analyse des gains, réalisée en comparant les performances de divers publics d’élèves ou des mêmes publics à un an d’intervalle, ne doit pas masquer la gravité des difficultés persistantes rencontrées par les élèves. À la rentrée 2019, 43,3 % des élèves de REP+ lisent moins de 30 mots par minute dont une moitié ne dépasse pas 11 mots. Ce résultat est très inquiétant alors même que depuis deux ans toutes les injonctions ont été orientées vers la maitrise du code et que les tests de fluence ont été massivement transformés en tâches d’enseignement.

La DEPP constate que dans le même temps les performances langagières, notamment en vocabulaire délaissé au profit du déchiffrage, se dégradent (figure 52).

Pour expliquer les faibles performances des élèves de l’EP au début du CE1, le ministre invoque l’oubli qui affecterait les élèves défavorisés durant les vacances scolaires d’été et propose d’y remédier par des stages gratuits de soutien scolaire. Terrible aveu d’échec de l’année scolaire dédoublée qu’une semaine de soutien estival pourrait compenser.

Pourquoi un tel échec ?
Surtout parce que l’abaissement des effectifs ne s’est pas accompagné d’une modification significative des pratiques pédagogiques. Ce constat n’est pas surprenant au vu des résultats des recherches internationales : le changement ne se décrète pas, il nécessite l’adhésion des enseignants traités comme des professionnels compétents et responsables. La France a fait un choix diamétralement opposé : préoccupée par les élèves, elle a maltraité les maitres. Elle a suivi naïvement les sciences cognitives et oublié les sciences humaines. Le ministère de l’Éducation nationale a appliqué une méthode autoritaire et brutale de conduite du changement, imposant une pédagogie officielle unique, discréditant et démobilisant les praticiens efficaces mais non conformes, dénoncés au motif de leur manque de « loyauté ».

Une méthode qui ne marche dans aucun pays au monde.


« C’est historique, le niveau des élèves remonte » prétend Blanquer très remonté
3 nov. 2019 Par Claude Lelièvre - Médiapart

On pouvait s’y attendre, le ministre est « remonté » comme un coucou ! Avec Blanquer, les historiens de l’éducation peuvent être « heureux » car ils ont du « grain à moudre » : il ne se passe jamais longtemps entre deux de ses annonces qualifiées d’historiques. On n’est pas déçu suite aux évaluations CP et CE1.

Jean-Michel Blanquer devrait pourtant être plus prudent dans son triomphalisme pro domo continuellement réitéré. J’en ai donné quelques exemples dûment circonstanciés dans l’interview qui paraît cette semaine dans "Fenêtres sur cours’’ (l’organe du SNUipp). Mais on peut continuer, car il y en a encore d’autres de la même eau.

Et le ministre actuel de l’Education nationale aurait dû être tout particulièrement prudent dans les propos qu’il a tenus dans le JDD du premier dimanche de novembre sur les évolutions des résultats des évaluations en lecture et en mathématiques pour les classe de CP et CE1. Les spécialistes et les praticiens de ce type de problème s’exprimeront mieux que moi sur le sens qu’elles peuvent avoir et les limites de confiance qu’on peut leur accorder. Mais, même en faisant l’impasse sur ces interrogations qui ne manqueront pas d’avoir lieu, on peut d’ores et déjà faire quelques remarques qui questionnent le triomphalisme affiché par l’incorrigible Jean-Michel Blanquer .

"Nous vivons un moment historique pour l’école : d’une part la maîtrise des savoirs fondamentaux est en hausse - autrement dit le niveau des élèves remonte - et d’autre part, l’amélioration est plus forte pour ceux qui viennent des territoires les plus défavorisés. Cela répond à mes deux objectifs principaux : hausser le niveau général, assurer plus de justice sociale" affirme-t-il glorieusement dans le JDD.

On passera (mais excusez du peu ) sur l’impertinence de l’équation faite par Blanquer : "la maîtrise des savoirs fondamentaux est en hausse, autrement dit le niveau des élèves remonte’’ (seuls compteraient certains types de résultats, et seulement en lecture et en mathématiques, et seulement pour les CP et CE1) afin d’en venir aux chiffres tels qu’ils sont présentés dans un encart du JDD sous le titre déjà évocateur : "le niveau des CE1 s’améliore, celui des CP fluctue’’ ( résultats en hausse ou en baisse selon les divers critères retenus au CP)

On n’épiloguera pas longtemps cruellement (envers Blanquer ) sur’’ le niveau qui fluctue pour les CP’’ pour s’en tenir à ce qui serait le plus favorable pour’’ l’annonce historique’’ de Blanquer, à savoir les chiffres ayant trait à ’’l’amélioration du niveau des CE1’’

Pour ce qui concerne l’évolution des résultats en français aux évaluations CE1, cinq des six domaines évalués apparaissent effectivement en hausse (de 0,7 point à 5 points), un seul en baisse (de 1,4 point). En mathématiques, "deux progrès significatifs sont visibles en début de CE1, ainsi qu’une forte chute en représentation de nombres entiers (- 6,1%) ’’

L’encart du JDD a aussi pour sous-titre : "REP-Rep+ : l’écart se resserre’’. Et le critère ’’lire de façon satisfaisante’’ est pris pour exemple significatif : on est passé de 70 % des élèves (en secteur hors éducation prioritaire) en 2018 à 72% en 2019 ; alors que dans le même temps on est passé de 58% en 2018 à 62% en 2019 pour les élèves en REP-REP+.

Soit. Ce n’est pas tout à fait rien. Mais cette réduction d’écart de 12 points à 10 points apparaît sans aucune mesure avec l’effort d’encadrement fait (le dédoublement des classes de CP et CE1 en éducation prioritaire ). Et l’on pourrait soutenir que c’est finalement un résultat plus ’’dramatique’’ que ’’positif’’. En aucun cas ’’historique’’ (positivement)...

Au lieu de ’’triompher’’, un ministre de l’Education nationale soucieux vraiment de son ministère devrait interroger ces résultats en réalité contrastés afin que l’on puisse vraiment progresser.



Évaluations Nationales : c’est toujours NON !
Outils et Communiqué de l’intersyndicale du 93




En cette rentrée 2019, les politiques éducatives de Blanquer se poursuivent au rythme d’un véritable rouleau compresseur : les évaluations nationales standardisées ; les protocoles, guides et manuels imposés ; les formations ; la circulaire de rentrée. Autant d’éléments remettant en cause notre liberté pédagogique. Les conséquences sont désastreuses pour le devenir du métier comme pour le système éducatif. La poursuite des évaluations nationales standardisées participe particulièrement à la mise en œuvre du pilotage par l’évaluation. Le SNUipp-FSU 93 appelle les collègues à se saisir de ces questions au sein des conseils des maîtres et à participer aux RIS et stages syndicaux organisés par le SNUipp-FSU 93. Le conseil des maîtres est un collectif de travail, un espace de réflexion permettant une résistance pédagogique. Refusons que ce soit un « cadre de prescription » instrumentalisé par l’institution.

Nous, les enseignant-es du 1er degré, sommes mis devant une nécessité : défendre notre métier, qui consiste à faire des choix pédagogiques et à construire des situations d’apprentissage. Comment construire la réussite des élèves, avec des enseignant-es qui auraient été transformé-es en exécutant-es ? L’évaluation est une composante importante de notre pratique pédagogique. Elle n’a d’intérêt pour la réussite des élèves que si elle est pensée avec tous les enseignants de l’école, en cohérence avec le travail mené par chacun-e dans les classes. Comme l’an dernier, le SNUipp-FSU 93 invite donc les équipes à s’emparer de cette question en débattant collectivement au sein du conseil des maîtres et en décidant :
- de ne pas faire passer les évaluations CP et CE1 nationales, CM1 académiques et les évaluations de circonscription imposées,
ou
- de ne pas en faire remonter les résultats.

Quelles que soient les décisions prises par les équipes enseignantes, le SNUipp-FSU 93 sera présent à leurs côtés afin de défendre leurs choix pédagogiques.

Rappel : les évaluations académiques, notamment de CM1, et les évaluations de circonscription, souvent en CE2, ne sont pas obligatoires car elles ne relèvent pas "d’instructions ministérielles". Il s’agit d’outils proposés aux équipes.

Dans quelques écoles du département, la passation des évaluations CP/CE1 sur tablette est proposée avec demande de consentement des familles. Dans ces conditions les évaluations échappent complètement aux enseignants, puisque les résultats vont remonter directement au ministère sans correction des enseignants comme les évaluations en 6ème et en 2nde. Les élèves ne sont pas des cobayes et les enseignant-es souhaitent au moins avoir un regard sur le travail des élèves. Les parents pouvant refuser l’utilisation de ce support il faut se saisir de cette occasion pour échanger sur ces évaluations.

Diaporama de décryptage des évaluations 2019


Nous proposons aux équipes qui souhaitent engager une action contre le passage des évaluations CP/CE1 (non passation, passation partielle, non remonté) deux motions de conseil des maitres :
- si vous refusez de faire passer les évaluations ou si vous ne souhaitez faire passer qu’une partie des items et/ou ne pas faire remonter les résultats, télécharger la motion à modifier en cliquant ici.
Attention, n’envoyez pas cette motion à votre IEN pour le moment.
- si vous souhaitez exprimer votre désaccord avec ces évaluations, télécharger la motion en cliquant ici.




Le SNUipp-FSU propose pour les équipes qui le souhaitent, une lettre à diffuser aux parents, pour télécharger la lettre, cliquez ICI.


Pour afficher le tract, cliquez sur l’image


Courrier au ministre (14/09/2019) du SNUipp-FSU, SE-UNSA, Sgen-CFDT, Snudi-FO, CGT Educ’action, GFEN, ICEM-Freinet, CRAP








Évals CP : les infox du ministère

« Faire mentir les chiffres, en pédagogie aussi. » Dans un texte très documenté, Roland Goigoux, spécialiste reconnu de l’enseignement de la lecture, détaille les impasses des évaluations CP et leurs conséquences néfastes sur l’organisation même des enseignements. Il revient également sur les « bobards » de la communication ministérielle.

« Ne prendrait-on pas les professeurs des écoles, peut-être aussi les journalistes, pour des crétins ? » Roland Goigoux, dans un texte sur les évaluations CP dont il a donné la primeur au SNUipp-FSU, met les pieds dans le plat. Ou pour mieux dire, dans la cuisine de la rue de Grenelle où a été élaboré ce dispositif par les équipes de Jean-Michel Blanquer.
De quoi s’agit-il ? D’abord, d’une mise en cause de la communication ministérielle sur les résultats des évaluations. Le chercheur consacre ensuite un long développement à l’analyse de ces mêmes résultats, aux projets de remédiation qui leurs sont associés et à la façon dont seraient désormais adossés les enseignements à ces évaluations.
Il revient enfin sur quelques « petits arrangements avec la réalité » de la doxa ministérielle, sur son caporalisme et ses conséquences prévisibles pour la classe.

Les premiers résultats sont là...
« Si, en début de CP, 23% des élèves n’identifiaient que la moitié des lettres et des sons qui leur étaient soumis, ils ne sont plus que 3,3% au mois de janvier. », indiquait la Depp, le service des statistiques de la rue de Grenelle, lors de la publication fin avril des résultats des évaluations. Le premier chiffre de cet exemple, mis en avant par le ministre dans sa communication est exact, reconnait Roland Goigoux. Sauf qu’il est corrélé à un test très complexe, qui évalue une compétence n’apparaissant pas dans le programme de la maternelle. Le deuxième chiffre est lui aussi exact, d’ailleurs. Mais le chercheur s’empresse, à juste titre, d’ajouter qu’il est assez normal qu’entre septembre et janvier... les élèves aient appris des choses.

Lire ici

La réponse à l’intervention
C’est la partie la plus dense du document. Roland Goigoux y explique le sens d’un dispositif d’évaluation qui n’est en réalité que la première partie d’un dispositif plus vaste : « La réponse à l’intervention » (RAI). Une conception des enseignements d’inspiration anglo-saxonne, dont l’objectif est « d’intervenir le plus tôt possible pour prévenir les difficultés d’apprentissage sans attendre que l’échec s’installe et sans se soucier, dans un premier temps, des causes de ces difficultés. » Un dispositif où « Le choix des tests joue un rôle primordial dans l’élaboration des tâches de remédiation et, plus largement, des tâches d’enseignement ». Or, il détaille la façon dont ont été construits ces tests, leur inadaptation à un contexte scolaire ordinaire et les libertés méthodologiques qui ont été prises au service de la démonstration. Alors bien sûr, intervenir avant que l’échec ne s’installe, l’intention est louable, reconnait le chercheur. Pourtant, plusieurs conditions doivent être réunies pour que cela fonctionne et à l’évidence, elles ne sont pas réunies en l’espèce. Il en fait la liste. Par ailleurs, la démarche reste contestée par toute une partie de la recherche internationale. Et enfin il avertit que le risque est grand de ne plus enseigner que ce qui est évaluable, en laissant de côté des pans entiers des savoirs. Des savoirs qui pourtant donnent du sens à tous les apprentissages, y compris au "lire, écrire, compter"...

Lire ici

De petits arrangements avec la réalité
Cette forme de traitement des difficultés scolaires charrie avec elle des modalités d’action pédagogique spécifiques. « Elles peuvent présenter un intérêt lorsqu’elles sont utilisées à bon escient », admet Roland Goigoux… Pour peu qu’elles ne restent qu’une technique possible parmi d’autres.
Or, à la lecture de la circulaire de rentrée 2019, comme au vu des formations aujourd’hui dispensées aux cadres de l’Éducation nationale, et à celles prévues pour les enseignants, c’est une forme de pédagogie officielle qui est en train de s’installer à bas bruit. Avec une politique éducative marquée par l’autoritarisme, qui se veut rationnelle et fondée « sur la preuve », alors même que cette preuve est fort loin d’être administrée. Le chercheur en donne quelques exemples, s’agissant notamment des vertus supposées de la "syllabique intégrale". Enfin, et comme une illustration du propos, il débusque un « énorme mensonge par omission » au sujet des résultats des CP dédoublés comparés à ceux du dispositif « Plus de maîtres que de classes. »

Lire ici

Au total, un texte argumenté et salutaire, qui met le doigt là où ça fait mal. Et alors que la loi "Pour une école de la confiance" arrive au Sénat, avec justement tout un volet dédié à une réforme de l’évaluation de l’Éducation nationale qui placerait celle-ci, de facto, sous la coupe de la rue de Grenelle, la question est bel et bien posée. Stop ou encore ?



Le 29 mars 2019

Évaluations nationales : Construire malgré les pressions !

Réunion départementale Spéciale
"Evaluations nationales :
Construire malgré les pressions !"

Ouverte à tou-tes les collègues
Lundi 1er à 17h30 Salle Henri Oreste
Bourse départementale du Travail à Bobigny


Menaces de sanctions : la FSU reçue au ministère

Le SNUipp, avec la FSU, a rencontré mercredi 20 mars, Edouard Geffray, directeur général des ressources humaines au ministère de l’Éducation nationale, suite au courrier qu’il a adressé aux Recteurs et Dasen, qualifiant de faute professionnelle le refus de faire passer et remonter les résultats des évaluations CP.
Lire la suite...



En cas de pression locale ou de difficultés : CONTACTEZ-NOUS au plus vite !!

Communiqué du SNUipp-FSU
Le 13 mars 2019


Faute professionnelle et sanctions disciplinaires, rien de moins. C’est la menace qui pèse sur les enseignants qui refusent de continuer à participer aux évaluations CP, des évaluations peu adaptées aux élèves et qui ne leur apportent pas d’aide, pas plus qu’à leurs enseignants. Toute la communauté éducative a pu constater qu’avant même l’ensemble des résultats saisis, le ministre faisait déjà des annonces. Avec un seul objectif : jeter le discrédit sur l’école et ainsi justifier ses partis pris pédagogiques qu’aucune recherche ne confirme. La ficelle était suffisamment grosse pour que le corps enseignant doute d’évaluations nationales réellement au service des apprentissages.

Jean-Michel Blanquer, en difficulté avec sa loi, convainc de moins en moins. Fragilisé, il tente le passage en force en menaçant les enseignants. Or, ceux-ci font leur travail : ils appliquent les programmes, ainsi que les textes en vigueur dont le dernier est la loi de refondation de 2013. Ils évaluent les progrès et les réussites de leurs élèves pour adapter aux mieux leurs pratiques pédagogiques et rencontrent les parents. De même, personne ne renonce à l’évaluation du système éducatif qui peut fort bien continuer à se mener sur échantillon.

Cette crise d’autoritarisme n’a donc pas lieu d’être. Le ministre doit retrouver son sang-froid et ne pas penser qu’on peut avoir raison tout seul. Les enseignants, tous les jours, font la preuve de leur engagement pour l’école et de leur sérieux malgré des conditions d’exercice de leur métier et une reconnaissance salariale très en dessous de leurs homologues des pays comparables. Et ce n’est pas à coups de menton vindicatifs que la rue de Grenelle fera baisser la tension qui monte dans les écoles.

Oui, les personnels des écoles contestent les évaluations et la politique éducative du ministère qui ne répond pas aux difficultés de l’école et les aggrave. C’est ce qu’ils diront haut et fort le 19 mars dans la grève interprofessionnelle et le 30 mars dans les mobilisations unitaires contre la loi « pour une école de la confiance ».

Communiqué intersyndicale du 93


Lire aussi :
- Menaces : Les syndicats dénoncent une crise d’autoritarisme du ministre
- Evaluations, réformes : Le ministère menace les enseignants




Le SNUipp-FSU appelle à ne pas faire passer les évaluations !
Communiqué intersyndical unitaire


Cliquez ci-dessous pour lire et imprimer le communiqué

COMMUNIQUE INTERSYNDICAL

Évaluations CP : c’est toujours non !
Respect de la liberté pédagogique !





En 1min30, vidéo de l’appel du SNUipp-FSU aux enseignants (cliquez sur l’image)



Proposition du SNUipp-FSU 93 aux enseignants de Seine-Saint-Denis :
- Parlez-en équipe ; c’est toujours mieux de partager l’analyse de la situation, et faire en sorte que la décision soit prise le plus collectivement possible. La mesure « 100% réussite » de JM Blanquer a déjà trop tendance à couper les collègues de CP et CE1 des autres enseignants de l’école : renforçons, au contraire, notre collectif de travail !
- S’il y a décision collective, notez-la dans un relevé de conclusion du conseil des maîtres, qui est une instance importante. Ne l’envoyez pas, pour l’instant aux IEN (rien ne presse), prenez le temps de rédiger vos analyses et arguments.
Vous trouverez ci-contre un modèle de motion de conseil des maitres à nous faire parvenir si vous le souhaitez.
- Tenez-nous au courant : contactez soit les responsables du SNUipp-FSU de votre ville, soit le SNUipp-FSU 93 (snu93@snuipp.fr ; 01 48 96 36 11).

Voici l’expression complète du conseil national sur la question des évaluations : « Le ministère décline sa culture de l’évaluation avec la seconde phase des évaluations de CP, l’inscription dans la loi « Pour une école de la confiance » de l’évaluation des établissements et la création d’un nouveau conseil d’évaluation (article 9). De fait, le ministère supprime le CNESCO et élimine une évaluation indépendante du système éducatif. Le SNUipp-FSU rappelle son soutien à la pétition en faveur du maintien du CNESCO et invite les enseignants à la signer.
La mise en place de l’évaluation des établissements du second degré qui s’étendra à moyen terme à ceux du 1er degré ouvre la voie à la mise en concurrence des écoles et à l’évaluation des enseignants au travers des résultats des élèves.
Les évaluations de mi-CP ne sont ni au service des élèves ni au service des enseignants et ne sont là que pour permettre au ministère d’imposer des méthodes. Elles concourent à alimenter un pilotage par les résultats qui conduira à une école de la performance et de la concurrence, c’est ce qu’ont dénoncé dans un courrier commun les 6 organisations syndicales (SNUipp-FSU, SE-UNSA, SGEN-CFDT, Snudi-FO, CGT et SUD), en en demandant l’abandon.

Le SNUipp-FSU poursuit ses actions unitaires avec les partenaires de l’école et appelle les enseignants à ne pas faire passer ces évaluations et les conseils de maîtres à s’emparer de la question ».

- Lire le courrier unitaire au ministre : SNUipp-FSU, SE-UNSA, SGEN-CFDT, Snudi-FO, CGT Educ’action et SUD-Education au niveau national


- Trois questions à Roland Goigoux : Des tests qui peuvent "s’avérer néfastes à moyen terme".

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VIDEO de 13mn pour analyser les évaluations, leur impact possible, le projet Blanquer.
Pour regarder la vidéo, cliquez sur l’image


Voir et lire aussi :
- (vidéo) Analyse de Roland Gori, psychanalyste et professeur émérite de psychologie et de psychopathologie clinique à l’université Aix-Marseille
- (vidéo) Décryptage des évaluations Blanquer à la lumière du New Public Management par Evelyne Bechtold Rognon, présidente de l’Institut de Recherche de la FSU.
- analyses et décryptages des évaluations de début d’année

 

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