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Vous êtes actuellement : Direction et Fonctionnement de l’école 

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18 janvier 2019

Direction d’école :
Pas de supérieur hiérarchique à l’école
Motion de conseil des maîtres


Direction et fonctionnement de l’école : des évolutions très inquiétantes.
Très important : Motion de conseil des maîtres.

Une communication publiée le 15 novembre sur le site du gouvernement annonce que le ministre de l’Éducation nationale va engager une transformation du statut des directrices et directeurs d’école à compter de janvier 2019. Au-delà de la question de ce nouveau statut, c’est la réorganisation structurelle de l’Ecole qui est en jeu et l’identité du 1er degré.



Imprimez et signez la motion de conseil des maîtres ci-contre.



Le SNUipp-FSU dans un courrier commun avec les organisations syndicales Snudi-FO, CGT-UNSEN et SUD-Education, demande au ministre de ne pas introduire un statut hiérarchique au sein des écoles.

Courrier commun des organisations syndicales SNUipp-FSU, Snudi-FO, CGT-UNSEN et SUD-Education, adressé au ministère.


Les organisations syndicales SNUipp-FSU, Snudi-FO, CGT-UNSEN et SUD-Education ont pris connaissance des récentes déclarations du ministre de l’Éducation nationale annonçant une future loi pour la création d’un statut de directeur-trice d’école. Nos organisations dénoncent une nouvelle fois le fait que cette annonce soit faite dans les médias avant même que les organisations syndicales n’en soient elles-mêmes informées et que l’agenda social prévoit des discussions sur cette question en 2019. Ceci n’est pas acceptable.

Ce nouveau statut entraînerait la mise en place d’un lien de subordination entre ces nouveaux personnels de direction et leurs collègues adjoint-es, pouvant conduire à des relations managériales au sein des équipes et une nouvelle organisation administrative de l’école, ce que nous refusons.

Le Ministre de l’Éducation nationale reprend aujourd’hui le vieux projet de créer un statut hiérarchique de directeur-trice à la tête d’un établissement doté d’un fonctionnement autonome que les mobilisations importantes des enseignants du premier degré, ont permis de bloquer jusqu’à aujourd’hui. : « Maîtres directeurs » de Monory en 1986 (décret retiré), expérimentation de l’article 86 de la loi Fillon de 2004 (abrogé en 2011), décret EPEP De Robien en 2006-2007 (jamais publié).

Pour les organisations syndicales SNUipp-FSU, Snudi-FO, CGT-UNSEN et SUD-Education ce projet, s’il voyait le jour, conduirait à une modification en profondeur de l’école publique et à son morcellement :
- Regroupement d’écoles autour du collège avec tutelle hiérarchique de la-du principal-e ;
- Recrutement par concours des future-es directeur-trices dans les écoles de 10 classes ou plus ;
- Fusion d’écoles pour arriver à 10 classes ou plus ;
- Déplacement de classes élémentaires CM1 et CM2 dans le collège.

Il en résulterait :
- Une menace sur l’existence même de l’école maternelle et plus largement une perte de l’identité du 1er degré ;
- Une réduction du nombre d’écoles et le développement d’écoles à taille inhumaine ;
- Un renforcement du poids des collectivités territoriales dans le fonctionnement des écoles et des inégalités entre les écoles ;
- Une remise en question de la place spécifique du conseil des maîtres et de l’ensemble des relations entre les personnels ;
- Une possible remise en cause du statut des PE fonctionnaires d’État.

Il attaquerait la place spécifique du conseil des maîtres et l’ensemble des relations entre les personnels.

Nos organisations se prononcent contre tout statut de directeur-trice et tout statut d’établissements autonomes. Elles porteront leurs revendications pour une meilleure reconnaissance de la direction d’école, passant notamment par une augmentation des décharges de service, une amélioration financière, une aide administrative pour chaque directeur et directrice avec des emplois statutaires de la Fonction publique.




Un statut pour les directeurs ? Mauvaise idée !

Suite aux annonces par voie de presse de la mise en place d’un statut pour les directeurs et les directrices d’école, le SNUipp-FSU s’adresse solennellement au ministre pour ouvrir les discussions prévues dans l’agenda social sur le sujet. Car s’il y a urgence à améliorer la situation de la direction de l’école personne ne pourra croire que l’adjonction d’un statut hiérarchique peut constituer l’alpha et l’oméga des réponses à apporter.

La lettre au ministre

Monsieur le Ministre de l’éducation nationale,

Vous venez d’annoncer une nouvelle organisation administrative de l’école avec à la clé un nouveau statut des directeurs et directrices. S’il y a urgence à améliorer le fonctionnement pédagogique, éducatif et administratif de l’école ainsi que la reconnaissance et l’exercice de la fonction de direction d’école, cela ne peut passer ni par la création d’un statut hiérarchique à l’instar des chefs d’établissements du second degré ni par la réorganisation territoriale des structures.

Nous venons d’organiser les États généraux de la direction d’école. Réunis dans plus de 60 départements ainsi qu’au niveau national, ils nous ont permis de prendre les avis et analyses de près de 2500 collègues, de partager des constats et de dégager des pistes d’amélioration. Ils ont confirmé que les responsabilités et les tâches liées à la direction d’école n’ont cessé de s’alourdir ces dernières années. Un alourdissement lié aux demandes de l’institution, aux évolutions et à la complexité du métier d’enseignant, mais également aux sollicitations multiples, notamment celles des collectivités territoriales. Cet empilement de tâches réduit la part du travail de direction consacrée à l’animation pédagogique et à la coordination de l’équipe. Alors que dans le même temps, les derniers emplois aidés dévolus à l’aide administrative à la direction et au fonctionnement de l’école ont été supprimés. Par ailleurs, les directeurs et directrices demandent que l’institution prenne davantage en compte leurs spécificités et leurs responsabilités et ainsi reconnaisse l’identité professionnelle du directeur d’école, comme une personne plurielle.

Votre réponse à ces problématiques par la création d’un statut de direction n’est pas appropriée. Un tel statut ne ferait que renforcer la position administrative des directrices et directeurs, les éloignerait des adjointes et adjoints et instaurerait des relations managériales au sein des équipes. Le tout sans répondre aux difficultés posées.

Pour améliorer la gestion des écoles, les directrices et directeurs ont avant tout besoin de temps, de personnels supplémentaires pour aider au fonctionnement de l’école et d’une formation autour de la dynamique collective ainsi que l’élaboration et l’impulsion de projets communs. Tout cela est à l’opposé du nouveau maillon hiérarchique que vous préconisez. Or, depuis toujours, les écoles fonctionnent très bien sans autorité hiérarchique en leur sein. L’ensemble des enseignants des écoles, directrices et directeurs comme adjointes et adjoints, nous disent leur attachement au collectif de travail, avec le conseil des maîtres, pour répondre aux besoins des élèves et favoriser leurs réussites. L’intérêt des élèves, le bon fonctionnement de l’école, la reconnaissance des personnels engagés pour une meilleure réussite de tous exigent donc de toutes autres mesures concrètes répondant réellement aux préoccupations des personnels et de l’école.
Pour autant, la reconnaissance d’un rôle spécifique pour les missions de direction d’école est indispensable mais ne peut se traduire par un statut hiérarchique qui ne soulagerait pas le directeur ou la directrice dans ses tâches et l’isolerait au sein des équipes.

Avant toute décision hâtive, qui consisterait à apporter une réponse toute faite à un constat complexe, le SNUipp-FSU vous demande solennellement de prendre le temps de la discussion telle que prévue dans l’agenda social, et ainsi de tenir compte de la parole des enseignants sur la réalité du rôle, des missions et du quotidien des directeurs et directrices.

Veuillez croire, monsieur le Ministre, en notre profond attachement au service public d’éducation.

Paris, le 16 novembre 2018.

Lire aussi :
- Un appel pour la direction et le fonctionnement de l’école
- Des États généraux de la direction d’école
- Le courrier au ministre
- Une double page dans "Fenêtres sur cours"

 

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