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7 septembre 2018

Des programmes ajustés ou réécrits ?
Tableaux comparatifs pour le Français, les mathématiques et l’EMC


Moins de deux ans après la parution des nouveaux programmes, des ajustements qui interrogent sont publiés sans la moindre concertation avec les représentants de la communauté éducative. Faire et défaire, au lieu de respecter les enseignants !

Le discours de la méthode
« Il faut rompre avec ces vieilles habitudes qui consistent à défaire ce que les précédents ont mis en place » avait-il dit. La formule a peu duré et le naturel est revenu au galop semble -t-il au service d’une méthode ministérielle consistant à faire croire que des programmes qui n’ont pas deux ans seraient à l’origine de tous les maux de l’éducation nationale. Les programmes de 2016 élaborés par le CSP, instance indépendante, avait ensuite fait l’objet d’allers-retours avec les organisations représentatives présentes au CSE dont celles des enseignants ce qui avait permis dialogues et ajustements. Aujourd’hui, on peut largement en douter puisque ces projets d’ajustements sont déjà publiés et disponibles. Aussi quel que soit l’avis de la communauté éducative, la parole ministérielle fait foi et elle a manifestement largement inspiré les membres du Conseil national des programmes.

Dans un courrier adressé le 28 juin à la nouvelle présidente du Conseil supérieur des programmes, le SNUipp-FSU a déploré l’absence de concertation avec les membres de la communauté éducative. Il s’est aussi étonné que le Comité de suivi des programmes, dont le rôle est précisément de veiller à leur appropriation et d’examiner d’éventuels ajustements à y apporter n’ait pas été réuni. Tout comme il s’est étonné de « ce qui motive l’urgence de ces modifications, qui seront officiellement connues mi-juillet pour une rentrée en septembre, ce qui n’est pas respectueux des professionnels et de leur travail. » Une méthode qui décidément devient un art de vivre, rue de Grenelle.

Pour quels changements dans les contenus ?
Pas simple de comparer le nouveau texte avec les programmes de 2016. On ne sait d’ailleurs pas si la référence aux programmes de 2016 peut disparaître et si ces nouvelles prescriptions feront force de loi en lieu et place.
On observe globalement une segmentation des enseignements déconnectés du contexte et donc du sens notamment pour les élèves les plus éloignés de la culture scolaire. On supprime le symptomatique « prédicat » qui aura fait couler beaucoup d’encre mais qui n’aura pas réussi à traumatiser plus d’une ou deux cohortes d’élèves. Du côté de l’EMC, alors que les programmes de 2016 prévoyaient un enseignement fondé sur l’expérience des élèves ce seront désormais une série de notions à maîtriser selon une progression définie. Ainsi dès le CE2, les enfants devront connaitre le premier couplet de la Marseillaise et en même temps le conseil d’élèves …disparaît du cycle 2.
Bref on l’a compris ces changements relèvent essentiellement de l’idéologie et d’une philosophie générale des disciplines cherchant à revenir à un enseignement vertical fait de contenus identifiés. L’exemple du passé simple est révélateur de ce point de vue ou encore la place minimale consacrée à la production d’écrits que la présidente du CSP semble réduire au seul geste graphique. Des repères annuels sont également prévus et encore en chantier à la direction de l’enseignement scolaire. Ils risquent de rendre caduque la notion de cycle en mettant de côté les attendus de fin de cycle qui étaient pourtant le ciment d’une conception progressive des apprentissages prenant appui sur les connaissances et compétences effectives des élèves.

On change encore …
Mais c‘est surtout de l’agacement, voire de l’exaspération, qu’on percoit dans les salles des maîtres devant ces changements incessants. Le renversement de valeurs opéré par ces ajustements sur le plan de la philosophie générale de l’enseignement ne vient pas aider à construire un projet et une vision sur le long terme dont l’école a tant besoin. Des ajustements, dans la droite ligne du guide orange CP et des notes au BO d’avril, qui laissent de moins en moins la main aux enseignants et aux équipes comme l’avait pourtant instauré l’esprit des programmes de 2016.

Fiches comparatives :
- pour le Français en cycle 2
- pour le Français en cycle 3
- pour les Mathématiques
- pour l’EMC


Aller plus loin...
- La lettre à la présidente du CSP





CSE : le SNUipp-FSU quitte la séance

Devant le refus de l’administration de retirer les projets de modifications des programmes de 2016 de l’ordre du jour, les syndicats de la FSU (dont le SNUipp), le SE-Unsa, l’Unsa-éducation, A et I Unsa, le SGL, l’Unef, la CGT-éduc’action, Solidaires, Sud-éducation, la FNEC-FP-FO et la FCPE ont quitté la séance du Conseil supérieur de l’éducation. Explications.


A peine deux ans après la parution des programmes de 2016, sans concertation préalable avec les enseignants et leurs représentants, sans réunir le comité de suivi des programmes dont c’est pourtant le rôle, le ministre procède à une véritable réécriture de programmes. En effet, les documents présentés au Conseil supérieur de l’éducation (CSE) du 12 juillet n’ont rien de simples ajustements. Le sens et la compréhension, pourtant essentiels, sont relégués loin derrière l’automatisation et de la mémorisation. La disparition des repères de progressivité et l’annonce de la mise à disposition de repères annuels remettent en cause la politique des cycles pourtant inscrite dans la loi de refondation de l’école. Dans un communiqué publié après avoir claqué la porte du CSE avec plusieurs autres organisation, le SNUipp-FSU dénonce « ces ajustements qui s’appuient sur les programmes de 2008 sanctionnés par les évaluations PIRLS, ne diminueront pas les inégalités et n’amélioreront pas les résultats des élèves. » Des ajustements qui « peuvent même être préjudiciables à ceux qui sont les plus éloignés de la culture scolaire. », ajoute-t-il.

Mépris des enseignants et de leurs représentants
Sur la forme, acter de telles modifications une semaine après la fin des classes et alors que l’application de ces textes est prévue pour cette rentrée est un véritable mépris à l’égard des enseignants. Pour le syndicat, « enseigner ce n’est pas exécuter, cela nécessite du temps pour s’approprier les changements et les traduire dans les pratiques de classe. » Il souligne aussi qu’ « en transformant le dialogue social en un exercice formel, le ministère vide de son sens une instance qui réunit pourtant l’ensemble de la communauté éducative. »

Du pouvoir d’agir
L’idéologie, les partis pris, l’autoritarisme, le manque d’appui sur les travaux de la recherche ne peuvent guider l’école. Le SNUipp-FSU demande donc au ministre « de faire véritablement confiance aux enseignants. Ceux-ci n’ont pas besoin de nouvelles directives et préconisations mais plutôt de pouvoir exercer leur professionnalité en conservant leur liberté pédagogique et leur pouvoir d’agir indispensables pour mettre en place les situations d’apprentissages en réponse aux besoins de leurs élèves pour permettre leur réussite. »

Lire aussi :
- La déclaration du SNUipp-FSU au CSE
- Le communiqué de presse du SNUipp-FSU
- Le texte commun des organisations

 

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