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28 septembre 2018

Mauvais cap pour la Fonction publique !
Dernières annonces


Dernières annonces pour CAP 2022 concernant l’Education Nationale.

A travers un communiqué de presse en date du 2 août dernier, le gouvernement a présenté sa feuille de route pour l’Education nationale.wBR> S’appuyant sur les conclusions du Comité d’action Publique 2022, il entend « mieux organiser notre système éducatif pour que les moyens accordés par la Nation à cette première priorité permettent la réussite de tous les élèves ».

Trois angles sont retenus :
- les ressources humaines : "humanisation et personnalisation " seraient au cœur des réformes prévues mais les transformations annoncées vont vers l’individualisation de la rémunération et l’octroi d’indemnités au mérite des personnels loin du fonctionnement collectif et transparent de la Fonction publique. Pour la formation initiale, il est question d’évolution du contenu de formation, de pré-recrutement, de revoir la place du concours ainsi que le cahier des charges des ESPE. Entre l’admissibilité et l’admission, les enseignants seraient contractuels avant d’être stagiaires.
La formation continue devrait quant à elle se développer en dehors du temps de présence des élèves. Pour l’heure, rien n’est précisé sur l’aspect obligatoire. A l’heure où la reconnaissance du temps de travail invisible est une demande de plus en plus forte des personnels, cette annonce méconnaît la réalité de la profession.

La prime REP+ sera déployée progressivement avec une part fixe (1 000 € à cette rentrée, idem à la rentrée 2019) et une part modulable en fonction des projets d’établissement et des progrès des élèves.

Alors que les enseignants ont subi, comme l’ensemble des fonctionnaires, plusieurs années de gel du point d’indice, le SNUipp-FSU exige sa revalorisation et le rattrapage des pertes subies.

Des postes à profil devraient être davantage développés. L’administration le justifie par la nécessité de mieux répondre à des missions particulières. Depuis leur déploiement, l’expérience a démontré que l’intérêt pour l’Education nationale était surtout de pouvoir choisir les personnels en dehors de toute règle collective et de toute transparence.

Le numérique se généralise dans un but de « simplifier les relations entre l’institution scolaire et les membres de la communauté éducative » : inscription, demande de bourse, cantine… Si la dématérialisation peut intéresser les familles, la numérisation ne constitue pas une simplification.

Et pour pallier au manque d’attractivité du métier d’enseignant, le ministère réfléchit à attirer des salarié-es du privé dans le cadre des secondes carrières. C’est méconnaître les raisons du manque d’attractivité du métier, lié aux conditions de travail difficiles, au salaire, au manque de reconnaissance…

- l’organisation territoriale :  : il est question ici de la fusion des académies pour se calquer sur la carte des régions. Le ministère l’inscrit dans «  une logique de clarification de l’organisation territoriale », arguant d’une gestion des ressources humaines de proximité. On ne voit pas comment une académie comprenant jusqu’à 13 départements pourra mieux répondre aux besoins des personnels sur le terrain et contribuer à améliorer le service public d’éducation.

- la culture de l’évaluation : elle concerne les élèves mais aussi les écoles et établissements.
Le contenu et le déroulement des évaluations des élèves imposées par le Ministre vont engendrer de la souffrance et mettre les élèves les plus fragiles en difficulté dès le début de l’année. Les enseignant-es sont dépossédé-es de la correction et de l’analyse des évaluations. Il est à craindre une « recommandation » de méthodes pédagogiques en fonction des résultats des élèves.
Une instance d’évaluation sera créée par voie législative au 1er trimestre 2019. A l’image d’autres pays européens, comme le Royaume Uni, ces évaluations, si elles étaient rendues publiques, pourraient servir à classer les établissements. A une époque où d’autres pays font marche arrière, on peut s’étonner que la France s’inscrive dans ces méthodes de management.




Décryptages et inquiétudes.

La feuille de route gouvernementale concernant l’Éducation nationale vient d’être rendue publique et nombre de points inquiètent. Sous prétexte d’économies, les fonctionnaires, dont les enseignants, sont dans le viseur au travers des quatre chantiers.

« Rénover les instances de dialogue social »
En voulant fusionner les instances, le risque est grand d’en réduire l’importance. Le rôle des CAPD et des CHSCT est pourtant essentiel dans la carrière des personnels concernant leurs affectations, les changements de départements, leur déroulement de carrière ou encore toutes les questions touchant à la santé au travail.

« Élargir le recours au contrat »
L’objectif a le mérite d’être clair mais avec des incidences graves dans les classes. Recourir à des personnes non formées pour enseigner, en contrat précaire n’est certainement pas ce que porte le SNUipp-FSU. Ce recours va croissant dans les académies et chaque année de nouvelles emboîtent le pas. Il est temps de trouver une solution à la crise de recrutement qui perdure.

« Renforcer la rémunération au mérite »
Dans les écoles, cela passe notamment par la prime REP+ avec une part variable : 1000 € pour toutes et tous mais les 2000 € restant seraient attribués selon les « projets et progrès des élèves ». Sur quels critères ? Le SNUipp-FSU demande un même traitement de tous les PE en éducation prioritaire renforcée.

« Mieux accompagner les évolutions professionnelles »
Si l’idée semble attrayante, derrière l’arbre se cache la forêt des 120 000 suppressions d’emploi prévues par Emmanuel Macron dans la Fonction publique en favorisant les « départs volontaires » et une mobilité qui dans les faits manque de budgets (congés formation…)

La feuille de route de l’Éducation nationale
La feuille de route de l’Éducation nationale adossée à celle de la Fonction publique se décline quant à elle en trois axes.

Culture de l’évaluation
Tout d’abord la mise en place d’une « culture de l’évaluation » selon les termes ministériels. Des évaluations standardisées s’imposent dans tous les CP et CE1 à cette rentrée, sans concertation et les PE en classe sont réduits à appliquer les consignes strictes puis à remonter les résultats en ligne. Quel objectif ? Quelles suites donner à ces évaluations ? Le SNUipp-FSU rappelle qu’elles doivent être au service des enseignants et des élèves et non un moyen de contrôle.

Fusion d’académies
Deuxième axe : la nouvelle organisation en treize académies pour suivre le découpage en treize régions avec à la clé là aussi des économies de postes.. Le SNUipp-FSU s’oppose à toute dégradation du service public et régionalisation du service public d’éducation.

Postes à profil et autres "ressources humaines"
Enfin, la nouvelle politique de ressources humaines que le gouvernement veut introduire à l’Éducation nationale se traduit par l’augmentation des postes à profil, un pilotage très individualisé de la profession, une formation continue hors temps scolaire… Des modifications sont prévues pour la formation initiale (place du concours avancée, pré-recrutements sans rémunération, davantage de responsabilité de classe). Sur ces questions le SNUipp-FSU a ses propositions, il entend bien les faire entendre dans les semaines à venir, aux côtés des autres syndicats de la FSU. Les réponses doivent être à la hauteur des enjeux de l’école : réussite scolaire de tous, réduction des inégalités, formation et rémunération des enseignants, inclusion réussie.



Pas touche aux commissions paritaires, CAP et CHSCT !
Signez les pétitions !


Alors que le gouvernement envisage ni plus ni moins que de vider les commissions paritaires de leurs attributions et de supprimer les CHSCT, la FSU et le SNUipp lancent une pétition pour la défense des droits de tous les personnels.

Mouvement, promotions, temps partiels, disponibilité, listes d’aptitudes, départs en formation continue…autant d’opérations administratives qui rythment la vie professionnelle et familiale de tous les enseignants et qui sont aujourd’hui placées sous le contrôle attentif de leurs élus du personnel.
Or, sous couvert d’un fonctionnement des instances jugé trop lourd, le gouvernement vient de mettre sur la table un projet de réforme qui signe la fin du paritarisme dans la fonction publique et donc à l’Éducation nationale.

Droits des personnels : la pétition
Disparition programmée des Comités hygiène, sécurité et conditions de travail, réduction drastique des prérogatives des CAPD, « ces orientations sont en rupture avec le travail réalisé actuellement par les représentants et les élus des personnels pour améliorer les conditions de travail, garantir l’égalité de traitement, proposer des améliorations et protéger les personnels de l’arbitraire de hiérarchies ou des erreurs de l’administration », préviennent la FSU et le SNUipp.

Ils invitent donc l’ensemble des personnels à refuser ces projets et à signer massivement la pétition pour le respect et l’amélioration de leurs droits.




Gerard ASCHIERI a lancé une pétition adressée à Emmanuel Macron :
Face à la volonté gouvernementale d’imposer des mesures qui de fait contournent le statut des fonctionnaires, voire le vident de sa substance et qui mettent à mal les services publics, il est indispensable de rappeler en quoi le choix du service public est un choix de modernité et d’affirmer que la fonction publique n’est en rien archaïque ou figée : elle est la condition de services publics garantissant à chacun de nous l’effectivité de nos droits. Parce que c’est l’affaire tous nous voulons défendre son utilité et son rôle dans la société et en appeler à un véritable débat.



Exclure les syndicats des décisions concernant les agents ?
L’heure est grave pour la Fonction Publique !


Vous trouverez ci-dessous un article du Café pédagogique qui traite du projet du gouvernement de supprimer et/ou réduire les sujets traités dans les commissions administratives paritaires. Ce sont ces commissions qui examinent l’ensemble de vos évolutions de carrière que ce soit les promotions, les mutations, les détachements, les temps partiels...

Exclure les organisations syndicales de ces échanges, c’est supprimer le droit à chaque collègue d’être traité avec équité vis à vis de ses pairs.

Il y a encore quelque jours, le Secrétaire d’État auprès du Ministre de l’Action et des Comptes Publics disait ne pas vouloir toucher au statut de la fonction publique ! En revenant sur le rôle des CAP, il pose les bases de sa démolition !

Préparons-nous à participer aux prochaines mobilisations. Syndiquons-nous massivement. Votons aux prochaines élections professionnelles pour prouver notre attachement aux CAP, à la possibilité d’être représentés et défendus !

Ne lâchons rien face à la remise en cause de notre statut !

Fin du paritarisme : 6 questions à Bernadette Groison

"L’heure est grave pour la fonction publique". Bernadette Groison, secrétaire générale de la FSU, première fédération de l’éducation nationale, revient sur le document ministériel remis le 25 mai aux syndicats et les menaces sur le paritarisme. Elle envisage les réponses à apporter.

Les enseignants voient bien que leur gestion laisse à désirer, par exemple pour les mutations. Une gestion locale par l’administration, à la place des CAP, ne serait-elle pas un progrès ?
Ce ne sont pas les CAP qui sont responsables des difficultés de mobilité. La question est liée au support d’emploi, aux formations et à l’accompagnement des agents. Les CAP ne traitent ces questions qu’en fonction d’une situation préexistante. Par contre supprimer les CAP pour laisser cette question à la gestion de l’administration c’est enlever le regard des organisations syndicales et les droits des personnels à être traités de façon transparente et équitable. Ce n’est pas bon pour les personnels.

Ces propositions gouvernementales sont-elles une surprise ?
Oui. On avait bien compris que le gouvernement réfléchissait à la réduction du dialogue social car il y avait déjà des projets de fusion des commissions. Mais toutes les organisations ont été surprises aujourd’hui des décisions qui semblent déjà presque prises et d’avoir sur la table un document aussi radical et unilatéral. C’est le coté violent du document qui nous a surpris. On vide de sens les commissions paritaires (CAP) et on nous explique que l’heure est à en finir avec le paritarisme. On ne s’y attendait pas.

L’unité syndicale est maintenue ?
Elle est bien réelle. Les 9 fédérations de la Fonction publique étaient là. Elles partagent les mêmes préoccupations sur le dialogue social. On a les mêmes inquiétudes sur le rendez vous salarial de la mi juin car le gouvernement ne met rien sur la table.

Est ce la réponse à la grève du 22 mai qui n’a pas été un grand succès ?
Non car le gouvernement nourrit ce projet depuis un moment. Même sans la journée du 22 mai il l’aurait mis sur la table. Mais il est clair que maintenant il va falloir une réaction des agents. On va déjà voir comment réagit l’administration car la FSU et les autres syndicats ont dit leur désaccord. On a demandé un autre scénario et une autre réunion. On est près à des évolutions sur le fonctionnement des CAP. On verra bien sir le gouvernement nous entend.

Il faudrait quoi pour atteindre une forte mobilisation des agents ? La journée du 22 mai n’a pas été à la hauteur des enjeux car l’heure est grave pour la fonction publique. On est à un tournant sur ces annonces gouvernementales mais aussi pour le rendez vous salarial. Il faut regarder pour quelles raisons la mobilisation n’est pas plus forte. Est ce du défaitisme ? Nous allons continuer à aller au devant des agents et à les informer sur des réformes qui sont menées à un train très rapide.

Pour les enseignants l’année se termine. Que pourraient ils faire ? Le gouvernement compte là dessus. On cherchera à faire quelque chose, peut être des actions militantes, pour le rendez vous salarial de la mi juin. On ne laissera pas passer sans intervenir. On verra ensuite. Si d’autres suites il doit y avoir, elle doivent se construire avec l’intersyndicale.

Propos recueillis par François Jarraud


Lire aussi :

- Statut : Le gouvernement veut mettre fin au paritarisme
- Attaque frontale contre le paritarisme
- Services publics, fonction publique, intérêt général : Tou-tes ensemble, on continue !

 

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