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25 juin 2018

Dossier de Presse

CP à effectifs réduits - Analyse de R. Schneider sur Radio Bleu Paris

CP à effectifs réduits - Analyse de R. Schneider sur Radio Bleu Paris
Le 25 juin 2018





Education. Handicap  : les élèves du 93 au ban de l’école
Camille Bauer - Mardi 5 Juin 2018 - L’Humanité

En Seine-Saint-Denis, la scolarisation des enfants en situation de handicap est perturbée par le manque d’assistants de vie scolaire. Une situation devenue critique.

« L’autre jour, il s’est mis à pleurer sous la douche. Il m’a dit  : “Maman, il y a trop de bruit à l’école, je ne veux plus y aller.”  » Virginie (1) a les larmes aux yeux en racontant le désarroi de son fils quand il a compris, début mai, sans jamais avoir été prévenu, qu’il devrait se passer de l’assistante de vie scolaire (AVS) qui l’accompagne à l’école depuis un an et demi. «  Ils avaient une complicité, une méthode de travail qui fonctionnait. Youri était bien et avait fait de gros progrès  », se désole cette mère d’un petit garçon de 8 ans très intelligent – il a appris l’alphabet seul avant d’arriver en maternelle – mais souffrant de problèmes neurologiques qui limitent sa concentration et l’obligent à être aidé pour parvenir à acquérir les apprentissages.

Or, le cas de Youri n’est pas isolé. Dans le département de la Seine-Saint-Denis, une partie des AVS, embauchés en contrat unique d’insertion (CUI) et dont les contrats sont arrivés a expiration en cours d’année scolaire, n’ont pas été renouvelés, plongeant les enfants et leurs familles dans le désarroi, privant du jour au lendemain ces AVS de leur revenu, et laissant des enseignants seuls pour gérer ces enfants différents, dans des classes déjà difficiles. L’ampleur du phénomène est difficile à évaluer. «  Nous n’avons de réponse sur rien, parce qu’ils ne veulent pas qu’on communique de manière précise  », déclare Rachel Schneider, responsable dans le 93 du Snuipp-FSU, le syndicat majoritaire chez les enseignants du primaire. En avril, son organisation s’était livrée à un petit sondage dans les 830 écoles du département. 161 avaient alors répondu, comptabilisant 84 enfants confrontés au non-renouvellement du contrat de leur AVS. «  Des situations transitoires  », affirme-t-on au ministère. «  Nous recrutons tout le temps, explique Sandrine Lair, directrice académique adjointe. Nous avons même recruté fin mai, ce qui prouve que nous ne renonçons pas. Mais il y a un temps incompressible, qui paraît intolérable pour les familles, entre le moment où les demandes sont déposées et l’octroi effectif d’une AVS.  » Une défense qui n’explique pas pourquoi les fins de contrats, prévues de longues dates, n’ont pas été anticipées pour éviter ces temps de latence. D’autant qu’une partie des personnels débauchés est toujours en attente d’affectation.

Le nombre d’enfants sans solution a doublé depuis 2010
Certains enfants sont encore plus pénalisés que Youri. En principe, depuis la loi de 2005, pour obtenir un AVS, il faut remplir un dossier complexe, et attendre son examen par la maison départementale des personnes handicapées (MDPH). En cas d’avis favorable, la famille reçoit une notification pour un AVS, avec le nombre d’heures jugé nécessaires à la scolarisation de l’enfant. À charge ensuite pour l’État de recruter et de rémunérer cette aide. Mais, en Seine-Saint-Denis, comme partout en France, mais dans des proportions plus massives, l’État peine à remplir ses obligations. Dans seulement 83 écoles du département, le Snuipp-FSU a décompté en avril 154 enfants, dont de nombreux autistes, bénéficiant d’une notification MDPH, mais qui, dans les faits, n’étaient pas accompagnés. «  C’est un système très complexe à gérer, avec un très petit nombre de CDI, beaucoup de contrats précaires et de turnover, explique Pascal Sillou, responsable de l’Association pour adultes et jeunes handicapés (Apajh) du 93. C’est un bricolage permanent et il y a toujours un nombre important de familles qui se retrouvent en attente d’une nomination.  » Stéphanie fait partie de ces parents en attente. Pour son fils, qui souffre de trouble du langage et de difficulté d’orientation et de concentration dues à une maladie rare, elle a reçu en février un avis lui accordant un AVS pour vingt heures par semaine. Mais, depuis, rien ou presque. Après de nouvelles démarches, la directrice de l’école lui a finalement annoncé que son fils bénéficierait de deux heures d’aide par semaine. «  Ça fait des mois que je me bats pour cette notification et, maintenant qu’on l’a, on n’a rien  », constate, amère, cette jeune maman.

La situation dans les écoles pâtit aussi de l’insuffisance de structures de prise en charge du handicap dans le département. Il n’y a que 1 800 places en établissements spécialisés, alors que 3 400 enfants et adolescents ont reçu une notification de la MDPH pour y être scolarisés. Et pour les 2 400 jeunes qui ont eu une notification Sessad, c’est-à-dire qui devraient bénéficier de l’intervention de professionnels du handicap au sein de leur école, il n’existe que 800 places… Résultat, le nombre d’enfants sans solution a plus que doublé depuis 2010, passant de 179 à 330. Et celui de ceux partis en Belgique, faute de solution en France, a bondi de 40 à 140. Une partie est aussi accueillie à l’école, prenant des places en principe réservées à des élèves moins lourdement fragilisés. «  C’est un système de vases communicants, explique Rachel Schneider. Faute de place dans ces établissements, on essaye de caser ces enfants en classe Ulis (unité localisée pour l’inclusion scolaire, des classes spécialisées à l’intérieur des écoles – NDLR) et ceux qui devraient être en Ulis, on les met en classe banale, avec un AVS. Une rumeur dit même qu’on va mettre une partie de ces enfants dans les CP dédoublés.  »

Une vie comme un parcours du combattant
La situation est intenable pour les familles. Les difficultés à obtenir l’aide à la scolarisation compliquent une vie qui relève déjà du parcours du combattant. Rien que pour trouver les psychologues, orthophonistes et autres spécialistes médicaux dont leurs enfants ont besoin, les parents ont le choix entre se tourner vers le centre médico-pédagogique, où l’attente excède huit mois, ou vers le privé, cher et en quantité insuffisante dans ce département affecté par un manque de personnel médical. Il faut ensuite suivre les nombreux rendez-vous hebdomadaires. Pour Virginie et Nathalie, cela s’est traduit par le sacrifice de leur vie professionnelle. La première a renoncé à son travail de cadre, trop prenant. Elle se contente aujourd’hui des emplois qu’elle trouve dans le département, à condition d’être certaine de finir à 17 heures. Nathalie, elle, est passée à 80 %, mais peine à les assurer, tout en s’occupant de son fils. «  C’est déjà compliqué d’élever un enfant handicapé, alors si on nous met des bâtons dans les roues…  » s’agace Virginie.

L’absence d’aide à la scolarisation est aussi un drame pour les professeurs dans un département qui compte le plus fort taux de France d’enseignants débutants. «  Quand, dans une classe, un enfant manque de soutien et se retrouve en souffrance, c’est souvent tous les élèves qui s’en trouvent perturbés, explique Rachel Schneider. Or, l’institution laisse les enseignants se débrouiller seuls face à ces situations. Non seulement nous ne sommes pas formés, mais en plus, nous n’avons plus l’aide des Rased, ces enseignants spécialisés et autres psychologues affectés aux élèves en grande difficulté. Seuls 56 postes ont été créés pour compenser la suppression de 160 sous Nicolas Sarkozy.  »

«  Même si la MDPH vous a accordé vingt heures, vous n’en aurez que dix, car je n’ai pa"s d’AVS et je les répartis au mieux  », s’est entendu dire Nathalie, alors qu’elle s’inquiétait pour la rentrée prochaine. Partout où ils se tournent, les parents entendent la même réponse  : «  Il n’y a pas de budget.  » «  On nous abandonne  », s’agace Virginie. Une assertion que réfute l’académie de Créteil. «  Jamais je n’ai dit qu’il n’y avait pas de budget  », précise Sandrine Lair. De fait, la demande d’accompagnement a explosé en Seine-Saint-Denis, où les écoles ont accueilli 20 000 élèves de plus en primaire, en dix ans. «  Nous avons fait un gros travail d’information auprès des parents et beaucoup d’élèves qui étaient avant considérés comme à problèmes sont maintenant diagnostiqués comme ayant des difficultés spécifiques  », note Rodrigo Arenas, de la FCPE. Résultats, le nombre d’enfants accompagnés n’a cessé d’augmenter, pour atteindre environ 4 000. Faute de budget, nombre d’AVS sont toutefois maintenus dans un statut précaire qui accroît leur instabilité, au détriment du suivi des enfants (lire ci-dessous). Dans un climat d’économies budgétaires tous azimuts, parents et enfants craignent la prochaine rentrée. «  Ce qui m’inquiète le plus, c’est qu’au mois de septembre, on se retrouve sans rien alors que mon fils rentre en CP, soupire Nathalie. Il y a de fortes chances qu’il se retrouve en souffrance.  »

(1) Les noms des personnes ont été modifiés à leur demande.

Lire aussi :
- Le statut (très) précaire des assistants de vie scolaire





Évaluations nationales standardisées, STOP ou ENCORE ?
L’exemple du Royaume-Uni


Royaume-Uni : Des milliers de parents veulent dispenser leurs enfants des tests obligatoires en primaire
par Naomi Mackako - 20 Minutes - Publié le 09/04/18

Des devoirs supplémentaires et des sessions de révisions intensives sont imposés aux enfants de 2e et 6e années d’école primaire…

Des milliers de parents britanniques ont téléchargé une lettre qui prévoit d’empêcher le passage de tests en école primaire, relate The Independent. Le document vient en réponse au vote du syndicat national d’éducation, de la semaine dernière, contre les tests d’alphabétisation et de calcul obligatoires pour les enfants de 2e et 6e années d’école élémentaire.

Le SATS est un système d’évaluations que les écoliers britanniques passent en début et fin de cycle de l’école primaire. Il permet d’informer les parents sur le niveau de l’école de leur enfant en le comparant à l’échelle nationale. Ces dernières années, une hausse considérable des exercices et des révisions a été observée chez les enfants au départ des vacances de Pâques. Un constat qui inquiète les parents d’élèves qui craignent que cette surcharge de travail chez les petits ne détériore leur santé mentale. Pour des raisons de « pressions d’un système de tests à enjeux élevés », des milliers de parents ont téléchargé un document stipulant que leur progéniture ne passera pas le SATS cette année.

« Inutiles et dommageables »
Des syndicats d’enseignants ont mis en garde contre l’impact « préjudiciable » de ces évaluations mises en place par le gouvernement britannique. Les écoles pourraient commencer à recevoir la lettre de retrait du SATS des parents cette semaine alors que les élèves de certaines régions du pays reviennent des vacances de Pâques. Un porte-parole du groupe de campagne « Let Our Kids Be Kids » (« Laissez nos enfants être des enfants », en français) a déclaré à The Independent : « Les syndicats d’enseignants ont raison de suggérer une base morale pour boycotter ces tests à enjeux élevés - si largement reconnus inutiles et dommageables - mais les parents veulent agir maintenant. »



Seine Saint-Denis : Le rapport Cornut-Gentille - Kokouendo attaque l’éducation prioritaire
Le Café pédagogique par F. Jarraud , le vendredi 01 juin 2018.

" En ce qui concerne les dispositifs d’éducation prioritaire, les évaluations font état de résultats faibles ou limités. La politique d’éducation prioritaire ne parvient pas à réduire les écarts de réussit". Présenté le 31 mai, le rapport des députés François Cornut-Gentille (LR) et Rodrigue Kokouendo (LREM) s’en prend vivement à l’éducation prioritaire. Mais il apporte peu de réponses concrète pour faire face aux difficultés scolaires du département.

L’éducation prioritaire ne réduit pas les écarts
" Si certains chercheurs ont pu observer des effets de court terme positifs de la réduction de la taille des classes sur les acquis des élèves au primaire, force est de constater qu’au collège, les élèves scolarisés en éducation prioritaire maîtrisent moins bien que les autres enfants les compétences de base", expliquent les deux députés. " La politique d’éducation prioritaire ne parvient pas à réduire les écarts de réussite entre les établissements qui en bénéficient et les autres." Pour eux, " la profusion de moyens des établissements REP et REP+ perd de son sens si, au final, les enfants de ces établissements en zone difficile qui en ont le plus besoin, bénéficient de moins de cours que les autres".
Le rapport montre pourtant une gestion des moyens qui n’est pas dans la profusion. " M. Benjamin Moignard, sociologue, a indiqué que le moins bien doté des établissements parisiens est mieux doté que le plus doté des établissements de la Seine-Saint-Denis". Et les autres services de l’éducation nationale ne valent pas mieux : on compte un médecin scolaire pour 13 000 élèves dans le département !

Les difficultés de l’Etat
Le rapport montre aussi les difficultés d’application des politiques. Ainsi le dédoublement des CP se passe nettement moins bien faute de locaux. On ne compte que 47% de CP vraiment dédoublés dans le département. Les autres classes sont à effectif plein avec deux professeurs.
A cela s’ajoute la forte proportion de débutants. 26% des enseignants du 93 ont moins de 30 ans contre 9% en France. 37% des enseignants du primaire restent moins de 2 ans dans leur école. Dans un collège on va compter jusqu’à 60% d’enseignants qui sont là depuis moins de 2 ans. Ce turn over permanent signe pour les auteurs "l’absence d’une véritable stratégie de ressources humaines".

L’autonomie pour régler les problèmes
Tout cela amène les deux parlementaires à dénoncer les grands plans en faveur des territoires en difficulté et aussi l’embauche de personnels supplémentaires. " Affecter des effectifs supplémentaires avec les outils actuels ne peut améliorer l’efficacité qu’à la marge et laisse souvent de côté le cœur des problèmes." Ils estiment aussi que " l’octroi de primes spécifiques ne garantit pas une attractivité et une fidélisation des postes dans les territoires difficiles".
Ecartant l’apport de moyens supplémentaires pour le 93, les deux députés recommandent plus d’autonomie pour les établissements quitte à remettre en question le statut des enseignants. Leurs préconisations finales sont bien classiques. Il demandent à ce qu’on n’affecte plus de débutants dans le département, sans dire comment on fait pour l’éviter. De même il faut revoir les dispositifs de remplacement : faut-il comprendre qu’il faille augmenter l’autorité des chefs d’établissement en ce domaine ? " Donner plus d’autonomie aux personnels de gestion locaux (proviseurs, commissaires...) et valoriser leurs initiatives".

Un rapport inutile pour l’OZP
Président de l’Observatoire des Zones Prioritaires, une association d’acteurs de l’éducation prioritaire, Marc Douaire ne voit "rien de nouveau " dans ce rapport. "Si les écarts de niveau des élèves ne se sont pas réduits en éducation prioritaire ils n’ont pas augmenté alors que les problèmes économiques et sociaux de ces quartiers se sont aggravés", explique t-il au Café pédagogique.
"La première préconisation, réaffirmer une politique territoriale générale est intéressante", estime t-il. "La politique d’éducation prioritaire n’est pas que scolaire... Mettre moins de néo titulaire c’était déjà une promesse de Macron . Pourquoi pas..." Pour lui le rapport "manque d’audace , de mémoire et d’écoute. Il faudra bien évaluer l’éducation prioritaire en Seine Saint-Denis , comme le prévoit d’ailleurs la loi en 2019. Il ne faudra pas le faire en catimini mais avec tous les acteurs de terrain".

Lire le rapport...



En ce 1er mai, Le Média vous propose « Eloge de la grève » un texte magnifique de Léonard Vincent interprété par Jean-Pierre Darroussin.

Le texte complet est à retrouver sur Le Média Presse : https://lemediapresse.fr/idees-fr/eloge-de-la-greve/





cliquez sur l’image pour lire la lettre






Le 16 mars 2018

Mobilisation massive des retraités, en recul pour les personnels des Ehpad
Par Aurélie CARABIN, avec les bureaux de l’AFP en régions

Paris, 15 mars 2018 (AFP) - Les seniors et ceux qui s’en occupent haussent le ton : écœurés de passer "pour des nantis", des dizaines de milliers de retraités se sont mobilisés partout en France jeudi pour défendre leur pouvoir d’achat, souvent rejoints par les professionnels de l’aide aux personnes âgées, appelés à la grève pour réclamer plus de moyens humains.
"Ni privilégiés ni assistés", entre 39 000 et 68 000 retraités, selon un décompte effectué par l’AFP à partir des chiffres de la police et des syndicats dans une trentaine de villes, ont battu le pavé pour dire non à la "baisse de leurs pensions", accompagnés dans de nombreux cas de salariés des maisons de retraite.
Ils étaient entre 2000 et 3000 à Tours, plus de 1000 à Marseille, 2000 à Clermont-Ferrand...
A Paris, entre 7200 personnes, selon la préfecture de police, et 30 000, selon les syndicats, ont ainsi défilé de Montparnasse aux Invalides, s’estimant "mal (re)traités".
"Comment un gouvernement peut-il ignorer un quart de ses citoyens ?", s’est interrogé Olivier Joucher (CGT) lors d’un point presse de l’intersyndicale (UCR-CGT, UCR-FO, UNAR-CFTC, UNIR CFE-CGC, FSU-Retraités, Solidaires, FGR, LSR et UNRPA) organisé en amont.
En ligne de mire, la hausse de 1,7 point de la CSG pour 60% de retraités, destinée à compenser la suppression des cotisations chômage et maladie du privé et qui avait déjà fortement mobilisé en septembre.
A Nice, peu habituée aux grands cortèges, un millier de personnes, selon la police, ont bravé une météo exécrable, brandissant des pancartes "Macron t’es foutu, les vieux cons sont dans la rue". A Marseille, un carton proclamait : "Paradis pour les uns, pas un radis pour les autres".
"On est ponctionné assez durement" après des années à cotiser, s’est insurgé à Lille Fabrice Danon, 65 ans, retraité de l’enseignement, privé de "400 euros par an".
Emmanuel Macron a redit mercredi qu’il "assumait" ses réformes et a demandé "un effort pour aider les jeunes actifs". "Il y en a qui râlent et qui ne veulent pas comprendre, c’est la France", a-t-il remarqué.
"Les efforts, on les a déjà faits et on les demande toujours aux petits", s’est indigné Mohamed Jaafari, 73 ans, lors du rassemblement rémois.
Les motifs de mécontentement se sont accumulés ces dernières années : gel des pensions, suppression de la demi-part des veuves ou encore décalage de la revalorisation des retraites d’octobre 2018 à janvier 2019 pour augmenter le minimum vieillesse.

"Il faut des moyens"
Augmenter les effectifs "urgemment" : c’est la "priorité" pour l’intersyndicale qui appelait à la grève dans les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), les services d’aide à domicile et autres structures en charge du grand âge, moins de deux mois après une première mobilisation très suivie.
"On ne peut plus admettre que des personnes âgées ne soient pas douchées régulièrement", que leurs repas soient expédiés, résume Mireille Stivala (CGT) au nom de neuf autres syndicats (FSU, Fédération autonome Fonction publique, CFDT, CFE-CGC, CFTC, FO, Solidaires, Union fédérale action sociale et Unsa) et de l’association des directeurs au service des personnes âgées (AD-PA).
Le taux de mobilisation, en comptant à la fois les grévistes déclarés et le personnel assigné, a atteint 22,5%, tandis que le taux de participation (hors personnels assignés) était de 5,7%, a indiqué le ministère des Solidarités jeudi soir. Ces chiffres marquent un recul par rapport à la mobilisation du 30 janvier, où ces chiffres étaient respectivement de 31,8% et 10,3%.
La ministre des Solidarités, Agnès Buzyn, a reçu une délégation à la mi-journée pendant un rassemblement sous ses fenêtres. "Elle a reconnu" la légitimité des attentes, a rapporté le président de l’AD-PA, Pascal Champvert. "Mais elle ne peut pas répondre au ratio" d’un personnel pour un résident, contre 0,6 en moyenne actuellement, réclamé par les syndicats, en plus de meilleurs salaires ou de l’abrogation de la réforme du financement des Ehpad.
Un rapport parlementaire publié mercredi propose de doubler le ratio de soignants en quatre ans. Soit plus de 200.000 recrutements, pour 7 à 10 milliards d’euros, quand la ministre met en avant le manque de "moyens budgétaires".
Agnès Buzyn promet pour l’heure de neutraliser les "effets négatifs" de la réforme du financement affectant un quart des Ehpad.
Elle a en outre annoncé dans un communiqué jeudi "un cadre de travail en commun avec l’Assemblée des départements de France" sur le financement de la dépendance et promis pour début avril des "orientations stratégiques" sur la prise en charge du vieillissement.



Le 15 décembre 2018

La grève et la manifestation du 14 décembre dans les médias :
- article du Monde
- interview de Catherine Da Silva sur France Inter
- dépêche AFP

A lire et écouter ici...





Le 7 décembre

Le Café Pédagogique
Par François Jarraud , le lundi 04 décembre 2017.

Appel à la grève le 14 décembre en Seine Saint-Denis

Les enseignants de Seine Saint-Denis sont appelés à faire grève le jeudi 14 décembre par une intersyndicale regroupant la Fsu, CGT, FO, Sud et Cnt. Le 1er et le 2d degrés sont concernés mais les revendications ne sont pas les mêmes. Les syndicats du 1er degré demandent d’abord des créations de postes. Dans le 2d degré, la réforme du bac et de l’accès dans le supérieur mobilise les enseignants.

Pour le premier degré, les syndicats veulent faire pression sur le débat budgétaire. "On veut alerter sur le faut que la situation ne s’est améliorée dans le 93 que grâce à des dotations budgétaires importantes ces 3 dernières années. Si elles s’arrêtent, on aura une situation dégradée très vite", nous a dit Rachel Schneider, secrétaire départementale du SNUipp. Le département a perdu des postes sous N. Sarkozy et connu une forte croissance démographique. Tous les postes n’ont pas été récupérés malgré les créations depuis 2014. "Le concours de Créteil" (que JM Blanquer a annoncé vouloir poursuivre) "permet de recruter sur des postes existants. Il ne crée pas de postes", souligne Rachel Schneider. Les syndicats demandent au moins 500 créations de postes dans le département pour le 1er degré. Ils demandent aussi le renouvellement des contrats aidés. "Le ministre dit que l’accompagnement des handicapés n’est pas impacté. C’est faux on manque d’AVS dans les classes", explique Rachel Schneider. Ils souhaitent aussi l’intégration d’une cinquantaine d’écoles dans l’éducation prioritaire à l’occasion de la nouvelle carte de 2019.

L’appel du second degré devrait mettre l’accent sur le devenir de la jeunesse du département au regard de la réforme du bac et de l’entrée dans le supérieur. "Les jeunes des classes populaires paieront au prix fort cette réforme", estime Rachel Schneider.



Le Café Pédagogique
Par François Jarraud , le jeudi 09 novembre 2017.

Plan Etudiants, Rodrigo Arenas (FCPE 93) : Je crains la violence dans les établissements

"L’ascenseur social est déjà en panne. Et maintenant tout ce qu’on trouve à faire c’est installer des grilles devant la porte". Président de la Fcpe 93, Rodrigo Arenas connait les jeunes de ce département. Il sait aussi à quel point l’éducation nationale n’assure pas dans le 93 un service d’enseignement égal à celui des départements environnants. Pour lui le plan Etudiants fait peser sur les familles la responsabilité de ces insuffisances et aboutit à l’exclusion sociale et ethnique. "Ca va péter", nous dit-il. Et d’abord dans les établissements.

Le Plan Etudiants vous inquiète. Que craignez vous pour les jeunes du 93 ?
Dans notre département beaucoup d’enfants sont orientés très jeunes vers des filières professionnelles et technologiques avec l’espoir de rejoindre une filière universitaire après le bac. Ce que l’on craint c’est qu’avec le Plan Etudiants et la nouvelle procédure d’orientation ce ne soit plus possible. Sans "bon" dossier ces jeunes ne pourront plus aller en université. La réforme va bloquer l’entrée des bacheliers technologiques et professionnels en université. Et la France va se priver de profils intéressants.

Mais le taux d’échec de ces jeunes est très élevé…
On inverse les choses avec cette remarque. Si ces lycéens réussissent à avoir le bac c’est curieux de mettre sur eux la responsabilité de l’éducation nationale. C’est curieux aussi de la voir se décharger sur les conseils de classe de l’orientation de ces jeunes.

Toutes les réformes menées depuis des années ont été faites pour permettre à des enfants de milieu social et scolaire différents de se retrouver dans les mêmes classes. Aujourd’hui on nous dit que pour aller à l’université il faudra être bon élève.

Or être "bon élève" c’est ressembler à un jeune du 5ème ou du 7ème arrondissement de Paris, pas à un jeune du 93. La réforme rassure les bonnes familles qui craignaient que les "sauvageons" puissent entrer dans les universités.

Les jeunes du 93 seront exclus des universités pour que les enfants des "bonnes" familles réussissent leurs études universitaires. Sauf que ces bons élèves là aussi connaissent un taux d’échec très élevé.

C’est l’aboutissement d’un processus où on a exclu les jeunes de milieu populaire des grandes écoles. Puis maintenant des universités. Mais ils vont aller où ?

Il faut bien voir qu’on a promis aux familles que même si leurs enfants étaient orientés en lycée professionnel ou technologique ils pourraient aller dans le supérieur. Or ce ne sera plus possible en dehors du post-bac professionnel. On a menti aux familles.

Quelles conséquences cela pourrait avoir ?
Quand des parents auront fait des efforts, y compris pour compenser les insuffisances de l’Education nationale, par exemples les enseignants non remplacés ou les postes de psychologues non pourvus, et qu’on leur dira que leur enfant sera empêché d’aller en université, les parents n’accepteront pas. On fait porter aux parents la responsabilité d’un échec qui n’est pas le leur. Je crains des confrontations directes avec les enseignants.

La bonne politique ce serait quoi ?
Changer la façon de faire la classe dès l’école et penser l’enseignement et pas seulement s’occuper de gestion des effectifs…

Le gouvernement a promis de créer des places en BTS. Cela ne suffit pas ?
Les BTS c’est très bien. Mais on va renforcer le déterminisme social. Avec la réforme les enfants des banlieues seront dirigés d’office vers le professionnel. C’est un sacré retour en arrière. Le lycée va redevenir comme le petit lycée bourgeois du passé.

On revient aussi à la sélection par les enseignants. Or il y a plein d’élèves qui ont le bac sans avoir le profil du "bon élève", par exemple en travaillant au dernier moment. Ce profil là n’est pas rare dans le 93. Des élèves pas dociles. Ceux là seront exclus de l’université. C’est appauvrir la France. On prend aussi le risque, il faut le dire, de la sélection ethnique.

L’ascenseur social est déjà en panne. Et maintenant tout ce qu’on trouve à faire c’est installer des grilles devant la porte. Tout cela va créer de la violence et péter à la figure de tout le monde dans quelques années. Cette violence va s’inviter dans l’école avec ces jeunes qui penseront qu’on leur a fermé les portes.

Propos recueillis par François Jarraud

Lire aussi :
- Tribune de R. Arenas et E. Gaudot sur la page Facebook de la Fcpe 93



Le 12 octobre 2017>

Crise du recrutement :
Valentin Ripp, du SNUipp-FSU 93, parle des pré-recrutements nécessaires.

- sur BFM TV
- sur France-Info

Le Café Pédagogique
jeudi 12 octobre 2017 - François Jarraud

Le pré recrutement contre le manque de professeurs

"On pose la question de l’attractivité du métier enseignant". Comment faire face à la crise du recrutement dans l’enseignement primaire ? Si le Snuipp Fsu soulève la question le 11 octobre c’est que la rentrée a vu un taux record de postes non pourvus et un recours massif aux contractuels dans le premier degré. Une situation que Francette Popineau, co-secrétaire générale du Snuipp, souhaite voir redressée. Pour cela le syndicat appelle à des prérecrutements massifs et au déplacement du concours en L3.

Un recours massif aux contractuels
Avec 569 postes non pourvus à l’issue des épreuves des concours du premier degré, la crise de recrutement s’est nettement aggravée en 2017. Cette fois 5 académies n’ont pas réussi à recruter un nombre d’enseignants correspondant aux postes mis aux concours. A Créteil il manque 453 postes. Mais Versailles voit aussi 92 postes non pourvus. Et on manque aussi d’enseignants en Guyane (-19), à Caen et à Toulouse.

Et comme il faut bien mettre des enseignants dans les classes, les rectorats ont décidé de faire appel à des contractuels, une situation qui n’existait, il y a quelques années, que dans le second degré. En 2017 avec 569 postes non pourvus, un millier de départs en retraite supplémentaires inattendus et les dédoublements de Cp en Rep+, le recours aux contractuels a été massif.

En plus des 919 professeurs recrutés sur les listes complémentaires des concours, dans 35 départements les recteurs ont fait appel aux contractuels avec 2079 embauches. Du jamais vu ! Le Snuipp parle de "politique de précarisation des personnels".

Une baisse du nombre de candidats aux concours


Comment expliquer une telle crise du recrutement ? Deux chiffres illustrent sa profondeur. Il y a eu à peu près le même nombre de postes proposés au concours externe des PE en 2005 et 2017 (environ 11 000). Mais en 2005 55 709 candidats ont participé au concours. En 2017 seulement 29 010. Le ratio du nombre de présents aux concours par rapport au nombre de postes n’a cessé de baisser depuis 2012 passant de 6 candidats pour un poste à moins de 3 pour un. Autrement dit le métier de professeur des écoles attire beaucoup moins de candidats qu’il y a 10 ans. La crise est structurelle et non anecdotique.

L’effet masterisation
Pour le Snuipp, la crise résulte de trois facteurs. D’abord la hausse du niveau de recrutement, de la licence au master, réduit forcément le nombre de candidats potentiels. Pour relever le défi du recrutement, il faudrait aller chercher de nouveaux candidats qui normalement ne feraient pas d’études aussi longues. Pour cela, le Snuipp demande de véritables prérecrutements qui n’existent pas aujourd’hui. Enfin il faut aussi améliorer le métier et notamment l’entrée dans le métier.

Le syndicat envisage d’agir sur plusieurs leviers pour inverser la tendance. D’abord il souhaite que le ministère arrête le mouvement de yoyo avec les postes. Il faut une planification longue du recrutement. Alterner des phases de réduction et de hausse des postes mis aux concours éloigne les étudiants.

Pour le pré recrutement
Le Snuipp propose d’instaurer le concours au niveau licence (L3) au lieu de la fin de master 1. Cela permettrait d’avoir deux années de formation professionnelle comme stagiaire, avec un temps en classe ne dépassant pas un tiers temps. Cela améliorerait les conditions d’entrée dans le métier avec un meilleur sentiment de compétence de nouveaux enseignants.

Le syndicat milite aussi pour un pré recrutement à partir de L1. Ces pré recrutements devraient être rémunérés et sans condition de service. Pour le Snuipp cela devrait aussi répondre à la question de la démocratisation du recrutement des PE. Les nouveaux PE sont plus élevés socialement avec la masterisation. Les travaux de G Farges (IREDU) ont montré que la tendance était déjà là avant la masterisation. Or, pour F Popineau, "il n’est pas bon que les enseignants soient éloignés socialement de leurs élèves". Valentin Ripp, militant du snuipp 93, souligne le fait que Créteil, en crise majeure de recrutement, dispose d’un fort potentiel de jeunes susceptibles de faire des études longues si on les aide.

L’accueil dans le métier serait meilleur et prolongé après l’année de titularisation par un tutorat sur les deux premières années avec une entrée progressive en classe, tiers temps puis mi temps . Cela devrait aussi diminuer le nombre de démissions.

Une crise globale du management
Mais la crise du recrutement ne frappe pas que la France. On la trouve dans tous les pays développés. Partout la hausse des exigences dans le recrutement et dans l’exercice du métier d’enseignant, les nouvelles formes de leur gestion avec le New Public Management, se heurtent à la pénurie.

En effet, cette politique met l’accent sur la formation des enseignants comme élément clé de l’amélioration des système éducatifs en lien avec leur encadrement plus étroit. Or plus on élève le niveau de formation et d’exigence plus on donne aux étudiants d’opportunités pour travailler dans un autre secteur, souvent mieux rémunéré. On fabrique ainsi la pénurie.

Cette situation avait été très bien analysée par Florence Lefresne et Robert Rakocevic (Depp). Selon eux, 71% des enseignants hollandais travaillent dans des établissements dont le chef d’établissement déclare manquer d’enseignants qualifiés et 22% des enseignants de maths déclarent ne pas avoir été formés à cet enseignement. En Angleterre c’est respectivement 46 et 6%. En France, où le système dominant est encore traditionnel c’est 32 et 4.

Acceptation de la crise ?
Car le paradoxe de la masterisation c’est, qu’en France comme ailleurs, au final on est obligé de recruter massivement des enseignants moins formés que ceux qui étaient recrutés au niveau licence. En France on a recours aux contractuels. En Suède on a largement eu recours à des enseignants immigrés et à des professeurs du secondaire pour enseigner au primaire. En Angleterre on a cherché à attirer des étudiants en leur donnant des primes importantes par exemple en maths. Au final on a rendu le métier moins attractif et moins satisfaisant pour les enseignants. Et dans de nombreux pays cette politique s’accompagne de démissions massives.

Revenons en France. L’enjeu immédiat pour le ministre français c’est son programme de dédoublements de CP et Ce1 en éducation prioritaire. JM Blanquer a encore besoin de 9500 postes pour tenir la promesse d’E Macron. Pense-t-il cela possible ? En tous cas, la loi de finances ne fixe plus de date limite pour l’application de cette réforme dont l’avenir s’obscurcit. Le nombre de stagiaires et de postes aux concours est revu à la baisse dans le premier degré dès 2018. Le ministre aurait-il fait sien la crise du recrutement ?



le 13 septembre 2017
COMMUNIQUE DE PRESSE DU SNUIpp-FSU

Investir dans l’école, une urgence !


Le rapport annuel de l’Ocde « Regards sur l’éducation 2017 » confirme que l’école française reste largement sous-investie. Il confirme le lien entre la dépense en éducation et la performance d’un système éducatif, notamment sur la reproduction des inégalités sociales en inégalités scolaires. Et en France l’influence du milieu social est beaucoup plus forte que dans la moyenne des pays de l’Ocde.

Or, globalement, la France dépense 18% de moins que la moyenne Ocde pour le primaire et de 34% comparé aux 11 pays* pointés par France Stratégie qui réussissent mieux à la fois sur les résultats moyens PISA et également en termes d’impact des inégalités sociales sur les résultats scolaires.

Ce sous-investissement réduit les possibilités d’agir sur les leviers favorisant la réussite des élèves comme la taille des classes ou la formation des enseignants. L’école primaire française reste par exemple dans le peloton de tête pour la lourdeur de ses classes tandis que le nombre d’élèves par enseignant s’élève à 19 contre 15 en moyenne pour l’ensemble des pays de l’Ocde.

Une des particularités de la France est aussi la faiblesse des salaires enseignants. La moyenne des salaires dans les pays de l’Ocde dans le primaire au bout de 15 ans d’ancienneté y est supérieure de 22% alors que le temps global de travail en France est plus conséquent.

Lutter contre les inégalités et faire réussir tous les élèves, et particulièrement ceux issus des milieux populaires, tout comme reconnaître les enseignants dans leur expertise et leur professionnalisé, suppose donc un budget à la hauteur de ce défi.
Ce n’est donc pas affaire de méthode de lecture ou d’un enseignement qui ne serait pas assez resserré sur les matières dites fondamentales, la France restant championne dans le temps consacré aux apprentissages fondamentaux : plus de 38 % du temps d’enseignement consacré à la lecture, l’écriture et la littérature (24,47 % de moyenne pour l’Ocde) et 21 % en maths (17% pour l’Ocde).

Ce rapport conforte le SNUipp-FSU sur la nécessité d’investir dans l’école et de s’appuyer sur les enseignants. C’est un enjeu de société de la plus haute importance. C’est ce que continuera de porter le SNUipp-FSU en mobilisant les enseignants au moment des discussions budgétaires.

* Suisse, Japon, Belgique, Autriche, Danemark, Irlande, Pays-Bas, Finlande, Canada, Allemagne et Australie




France Bleu - L’invité du matin
Lundi 4 septembre 2017

"Evaluations CP : les propositions du SNUipp-FSU"





Le Café Pédagogique
Lundi 4 septembre 2017 - François Jarraud

Evaluation de CP : Quelle utilité ?
Quel accueil les enseignants font-ils aux nouvelles évaluations nationales du CP ? Après la publication sur un site académique d’une version quasi définitive des évaluations, plusieurs enseignants ont réagi à ces nouvelles évaluations imposées par le ministère. Pas toujours jugées utiles, elles suscitent des réaction variées. Le Snuipp demande un droit d’inventaire et d’adaptation pour les enseignants.

Selon le ministère, la version des évaluations nationales mise en ligne le 2 septembre sur un site académique, que le Café a diffusée, n’est pas la version définitive. Elle comporte encore quelques erreurs notamment dans l’encodage et la présentation. La version définitive devrait être disponible en début de semaine.

Des évaluations anxiogènes
Mais qu’en pensent les enseignants ? Catherine Da Silva, directrice de l’école Taos Amrouche de Saint-Denis (93), juge les évaluations "anxiogènes car complexes". Elle craint que beaucoup d’élèves de cette école en Rep+ soient en échec. A Saint Denis, comme ailleurs, les enseignants n’avaient pas attendu ces évaluations. "L’année dernière on a fait passer des évaluations réalisées par les enseignants mais c’était au fil de l’eau avec des exercices aérés. Tout le contraire des batteries d’exercices de ces évaluations", nous dit-elle.

En français, "l’évaluation induit ce qu’on attend des enseignants : il n’y a que des exercices sur la grapho-phonologie. On attend de nous de la syllabique. L’exercice de passage de la cursive à l’attachée est difficile. Le vocabulaire utilisé est difficile (écureuil, igloo...) Il n’y a qu’un seul exercice de compréhension mais il est difficile à comprendre pour les petits. D’une façon générale ca va être la galère pour faire comprendre aux élèves ce qu’on attend d’eux".

En maths là aussi il y a de problèmes de vocabulaire et de mise en page. "On va mettre en difficulté même les élèves qui savent".

Quel impact sur la maternelle ?

Mais la plus grande crainte c’est que ces évaluations inspirent les professeurs de maternelle. "On était sorti des feuilles d’exercices dans les cahiers de vie. Il y a des chances qu’elles reviennent".

Pour C Da Silva, ces nouvelles évaluations montrent que "l’on peut changer les habitudes des enseignants sans changer les programmes. L’évaluation va impacter leur façon de travailler et remettre en question le travail fait en maternelle".

Savoir ce que savent les bons élèves
Directrice de l’école rue d’Oran, Véronique Bavière a un regard plus positif sur les évaluations. Pourtant là aussi les enseignants ont regretté les évaluations qu’ils avaient mises au point. "En français il n’y a pratiquement rien sur la compréhension, qui est pourtant un problème. Tout est axé sur le code. Globalement les évaluations vont permettre de savoir ce que savent les bons élèves. Ca évitera de ne pas leur faire refaire des choses qu’ils connaissent. Il faudra essayer de comprendre pourquoi les autres n’ont pas réussi".

Pour elle, ces évaluations "de bon niveau", vont permettre "de voir de quoi les élèves sont capables" et éviter "de travailler en dessous du niveau des élèves". V Bavière relève la difficulté à se repérer dans les exercices et leur longueur.

En français, l’évaluation devrait permettre d’éviter des malentendus sur certains mots que l’on pourrait penser acquis.

La mise en page était souvent relevée comme trop dense dans les réactions d’enseignants sur Twitter. "Chez nous ils vont répondre au pif", dit une enseignante.

A coté de la plaque en français
" Si une des fonctions de l’évaluation est d’être un outil permettant aux enseignants d’adapter les réponses pédagogiques pour aider les élèves à progresser, y compris en maternelle avec le carnet de suivi des apprentissages, la finalité des évaluations présentées ici est ambiguë. En quoi peuvent-elles aider les élèves et leurs enseignants ? Serviront-elles à classer les écoles ? ", interroge le Snuipp dans un communiqué.

"Placées durant le premier mois du cours préparatoire, ces évaluations risquent fort d’aboutir à un jugement hâtif sur les élèves et d’être fortement anxiogènes pour eux et leurs parents. De même elles risquent d’exercer une forte pression sur l’école maternelle", estime le syndicat.

Le Snuipp relève l’écart entre ces évaluations " centrées sur la correspondance entre la lettre et le son (la grapho-phonologie)" et le fait que les difficultés des élèves soient "dans les tâches les plus complexes, comme la compréhension des textes et leur interprétation".

Un droit d’adaptation
"En proposant d’évaluer le déchiffrage et le repérage de lettres ou de syllabes, le ministère réduit la lecture au simple décodage et peut enfermer les enseignants dans des pratiques tournées vers cette seule approche, tournant le dos aux objectifs d’égalité devant l’entrée dans la culture écrite. De plus, le repérage des difficultés de certains élèves pour réussir l’apprentissage de la lecture n’est pas ce qui pose problème aux enseignants. Ce sont bien les solutions pour les surmonter qui manquent et sur ce point le ministère n’apporte aucune réponse".

Le Snuipp demande au ministère "que les enseignants puissent adapter (ces évaluations) au contexte de la classe et s’en emparer s’ils le jugent utile. C’est la condition pour qu’elles deviennent ainsi un outil pour les enseignants de l’école au service des apprentissages".



Le Café Pédagogique
Lundi 4 septembre 2017 - François Jarraud

La rentrée des CP dédoublés
Que pensent les professeurs des écoles des CP dédoublés ? Et comment ça se passe ? Si globalement la rentrée se passe bien, le dédoublement des CP pose des questions aux communautés éducatives. Leur arrivée bouleverse l’organisation des établissements. Et la nouvelle taille des classes ne convainc pas toujours les enseignants... Pour la rentrée des enseignants, le Café pédagogique a rencontré des professeurs de deux écoles Rep+ à Paris et Saint-Denis (93).

"Ma meilleure rentrée"
"C’est ma meilleure rentrée", nous dit Véronique Bavière, directrice de l’école Rep+ de la rue d’Oran à Paris. Malgré une baisse d’effectifs (une vingtaine d’élèves), l’école garde 9 professeurs et tous ses intervenants. La vie quotidienne de l’école s’en ressent : c’est moins de tracas pour surveiller les récréations ou la cantine, moins de cahiers... A Paris, l’école peut compter sur les 3 professeurs de la ville de Paris qui prennent en charge l’EPS, sur un Rased complet et sur les dispositifs académiques comme les ateliers ALEM (lecture maths) ou l’accompagnement éducatif. Mieux :l’école a réussi à garder son "maitre +" (du dispositif "plus de maitres que de classes") en plus des CP dédoublés.

Du coup, ce 1er septembre, on oublie qu’il a fallu tout réorganiser e catastrophe juste avant les vacances. Les enseignants sont réunis pour préparer la rentrée. A la différence d’un établissement secondaire où ils écouteraient le chef d’établissement, dans cette école les maîtres sont réunis autour d’une table pour parler de problèmes très concrets.

La loi et l’ordre
Il est question de déplacements, des toilettes, de ballons et de foot mais aussi de la façon d’éviter les problèmes. Par exemple, longue discussion sur ce qu’on autorise ou pas dans la cour de récréation. On est en Rep+ et il y a deux jeunes remplaçantes et la plupart des enseignants n’ont que deux ou trois années d’expérience. Alors on échange sur les cas rencontrés l’année dernière et pour lesquels on cherche des solutions. Il faut affranchir une nouvelle enseignante sur ce qu’est l’autorité et comment se faire obéir dans cette école.

L’école suit les préceptes Freinet et ici la loi s’applique. Il y a celle de l’école qui tient en trois articles (pas de violences aux biens et aux personnes). Le reste est réglé par les conseils d’élèves dans chaque classe. Mais il y a aussi les astuces des instits pour prévenir les problèmes. ...

L’école a installé il y a déjà des années des "ARR" (ateliers de réflexion et réparation) où sont convoqués les élèves qui posent problème. On y suit de près le petit groupe des incorrigibles pour travailler avec eux l’expression des émotions et pour les connaitre. C’est le quartier, la vie misérable qui déborde sur l’école. Et c’est ce travail personnel qui permet de faire fonctionner les classes.

L’inquiétude devant les groupes de 12
Guillaume, Valérie et Eric (les prénoms ont été changés NDLR) ont en charge les 3 Cp de l’école, deux CP à 12 et un CP/CM2. Guillaume et Valérie ont déjà 5 ans d’expérience. Eric est T2 (en 2de année d’enseignement).

Valérie et Guillaume sont dubitatifs sur l’intérêt de Cp à 12. ""J’ai eu une année une classe à 14 élèves et ce n’est pas un bon souvenir", dit Valérie. "La classe manquait de dynamisme et les élèves tombaient dans l’assistanat. Sans la maitresse ils ne faisaient rien". Compte tenu des déménagements dans le quartier, ils craignent de tomber à moins de 10 en fin d ’année. "De toutes façons être à 12 élèves ne résout pas les problèmes que l’on rencontre qui viennent de situations sur lesquelles on n’a pas eu de formation comme les différences culturelles".

Justement Guillaume mise sur la formation. "Quand j’étais à l’IUFM on visitait peu de classes. Je manque de référents. Cette année on va avoir des formations (deux journées sont déjà prévues en septembre). Si les élèves progressent ce sera grâce à elles, pas à cause du dédoublement".

Les enseignants ressentent déjà la pression en faveur de la méthode syllabique. "On nous a demandé quelle méthode on utilise et vaguement recommandé une méthode syllabique", explique un enseignant.

Des évaluations jugées inutiles
Le conseil de maîtres se penche aussi sur les nouvelles évaluations de CP. "On ne va plus pouvoir utiliser nos outils", remarque une enseignante. "Que va-t-on dire aux parents avec des évaluations diagnostiques menées en début d’année", interroge une autre. "On risque de coller une étiquette aux enfants qui arrivent à l’école. Et avec elle on est sur qu’ils auront 10 fois moins de chance d’apprendre à lire". "Je sens que ces évaluations nationales nous plombent", dit un maitre. Globalement ces évaluations, que les enseignants n’ont aps encore vues, ont jugées inutiles et néfastes.

C’est la fin de l’après midi et les enseignants s’interrogent sur le devenir du PPCR, un tout autre sujet...

Ce n’est pas au programme de la journée , mais les enseignants viennent de démontrer la vanité de changer la gouvernance des écoles. C’est bien parce que la directrice n’est pas leur supérieure hiérarchique que la rentrée est préparée dans le détail. Le groupe échange sur ses problèmes réels. Une enseignante note les solutions dégagées. Et on se rappelle des lois précédentes définies par les maitres ou en conseil d’élèves. L’absence de supérieur hiérarchique n’a pas empêché l’école de s’adapter dans l’urgence, en fait lors de la dernière semaine d’école, à la situation nouvelle crée par les CP dédoublés. Cette école où les enseignants réfléchissent ensemble utilise pleinement son autonomie.

Ici, les enseignants prennent en charge les difficultés à la fois ensemble et chacun en adulte responsable. Ils n’attendent pas du chef qu’il les trouve pour eux. Et voir des enseignants réfléchir ensemble aux réalités de leur métier et aux valeurs qu’ils veulent y mettre, quel beau spectacle !

A Saint-Denis le choix du CP à 18

"On a du réfléchir à comment on allait mettre cela en place dans notre école". Dressée dans un quartier en pleine transformation, la nouvelle école Taos Amrouche de Saint-Denis (93) compte 6 classes dans des bâtiments neufs. Catherine Da Silva, la directrice, est aussi une responsable locale du Snuipp.

Là aussi l’annonce très tardive des dédoublements a obligé à revoir la structure de l’école. Et ça c’est fait en conseil des maîtres.

Finalement l’école a choisi de réunir en une seule classe les 18 élèves de CP et de les confier à deux maitresses. L’école a 5 autres classes :une Ce1/Ce2, une Ce1/Cm2, un Cm2, un Cm1 et un Ce2. En dehors du CPP, les autres classes ont 21 à 22 élèves. Un nombre susceptible d’augmenter en cours d’années avec les livraisons des immeubles qui entourent l’école.

"J’ai eu une classe de CP à 24, c’était trop dur. J’ai gardé un excellent souvenir d’un CP à 18", se souvient C Da Silva. "On a jugé que deux classes de 9 ce n’était pas un bon choix car elle aurait manqué de dynamisme. Les professeurs se seraient épuisés à faire comprendre des choses sas interactions suffisantes".

Un moyen de fédérer les enseignants
Alors le choix a été fait d’avoir un CP à 18 avec deux enseignantes, en prévoyant qu’une des deux pourrait intervenir en Ce1-Cm2 ou Ce1/Ce2. "Ca libèrera l’enseignant de ces classes qui pourra travailler avec un seul niveau pendant que la collègue prendra en charge l’autre niveau".

"Finalement avec ces emplois du temps lourds à mettre en place on a fédéré les collègues. On a réfléchi et construit ensemble. Et la proposition qui nous était faite a été une émulation intéressante pour l’équipe", explique C Da Silva.

"On a réfléchi beaucoup à l’enseignement de la lecture, notamment utiliser les mêmes mots pour échanger sur les élèves. Les enseignants ont imaginé un cahier commun en lecture qui va suivre l’élève du Cp au CM2.

Le lien est fait aussi avec l’école maternelle, abritée dans le même batiment. "On a prévu une "boite de transmission" pour chaque élève. Elle sera remise par les maitresses de grande section de maternelle le jour de la rentrée en CP. On reconnait ainsi le travail fait en GS et on s’appuie dessus".

Inquiétude sur l’évaluation
Là aussi on s’inquiète de la nouvelle évaluation de CP. Notamment sur la façon d’annoncer aux parents que leur enfant est en échec dès l’entrée en CP. Les enseignants avaient développé leurs propres évaluations avec les maitresses de maternelle. "Ca change beaucoup la philosophie de l’école cette évaluation. Ca me parait compliqué de faire coexister la culture de la bienveillance avec l’évaluation nationale".

Ici aussi l’école s’empare pleinement de son autonomie pour ajuster son fonctionnement à la réalité de ses élèves. Celle ci s’appliquera aussi à l’évaluation Blanquer. A Saint-Denis en Rep+, pour faire réussir les élèves il faut aussi garder la confiance des parents.



EUROPE 1 - mercredi 30 août 2017

Dédoubler les classes de CP à la rentrée : "Ça a été fait trop vite, trop tard"

06h44, le 30 août 2017, modifié à 07h05, le 30 août 2017

Voir la vidéo sur Dailymotion

Catherine Da Silva, syndicaliste et directrice d’école élémentaire à Saint-Denis a déploré, mercredi sur Europe 1, que le dédoublement des classes de CP dans les zones d’éducation prioritaire ait été fait sans concertation avec les enseignants.

INTERVIEW
"On ne peut être que d’accord sur la baisse des effectifs des élèves par classe, il est dommage qu’on ne le fasse que sur les classes de CP et à moyens constants sans permettre de recruter d’autres enseignants, de prendre le temps de réfléchir à la façon de le faire." Mercredi, sur Europe 1, Catherine Da Silva, représentante du SNUipp-FSU 93, et directrice d’école élémentaire à Saint-Denis, en Seine-Saint-Denis, s’est dit inquiète de la réforme imaginée par le ministre de l’Education, Jean-Michel Blanquer et qui prévoit de dédoubler les classes de CP dans les écoles du réseau d’éducation prioritaire renforcé, les REP +. Dès cette rentrée, elle doit s’appliquer dans 2.200 classes.

La mise à mal du dispositif "plus de maîtres que de classes". Mais pour permettre aux classes de CP de REP + de se dédoubler, le ministre a dû "récupérer" des enseignants ailleurs et notamment dans le dispositif "plus de maîtres que de classes", qui permet depuis 2013 l’intervention de deux instituteurs dans une même classe. "On nous a pris cet enseignant en plus dans les REP et on a aussi piocher dans les effectifs des remplaçants", regrette-t-elle. "Cette réforme a été annoncée au mois de juin, cela s’est fait trop tard, trop vite", ajoute encore la syndicaliste. "Le tout sans même nous concerter".

L’école concernée par la baisse des contrats aidés. Catherine Da Silva regrette encore que le gouvernement ait décidé de réduire le nombre de contrats aidés en 2017 puis en 2018. Ce dispositif aidé financièrement par l’Etat permet l’embauche de personnes éloignées de l’emploi. "Dans notre école, on en a deux en maternelle. Ils permettaient aux enfants porteurs de handicap d’être accompagnés comme les autres. Donc c’est ça que l’on met à mal, la scolarité des enfants porteurs de handicap", souligne la syndicaliste qui assure qu’il est possible de réformer l’école autrement : "Cela doit se faire avec les enseignants, en leur faisant confiance. Ça serait sympa de ne pas nous prendre pour des imbéciles tout le temps".

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