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15 avril 2016

CHSCT du 11/04/2006 :
L’institution doit mieux soutenir les personnels !


La FSU alerte l’institution sur la nécessité d’étayer, de soutenir, de renforcer ceux qui accueillent les élèves et leur famille au quotidien dans un contexte politique, social et économique tendu et angoissant.
CHSCT départemental du 11 avril 2016
Déclaration liminaire de la FSU


Les conséquences des 80 000 suppressions de postes à l’Education nationale entre 2007 et 2012 n’ont pas été mesurées par le gouvernement actuel, qui annonçait une priorité à la jeunesse et à l’école. Dans notre département, soumis à une hausse démographique exceptionnelle, les besoins ont été totalement sous-estimés, et même pour le 1er degré il a fallu des mobilisations importantes pour qu’enfin la dotation en postes pour septembre 2016 commence à répondre à une situation difficile.
Cette sous-estimation plusieurs rentrées de suite a eu pour effet, malgré des créations de postes, une dégradation des conditions d’enseignement. Cette dégradation a été accentuée dans le 1er degré par la réforme des rythmes scolaires. Le second degré est maintenant confronté à la réforme du collège à laquelle les enseignants s’opposent. La mise en place de réformes qui touchent directement notre travail au quotidien et qui ne font jamais l’objet d’une réflexion en amont sur ce qu’elles vont modifier, ne peut être vécue que comme une atteinte à notre professionnalisme. D’autant plus que l’efficacité de ces réformes n’est pas non plus évaluée en termes d’amélioration du service rendu au public ou de l’amélioration de nos conditions d’exercice.
Pour le 1er degré, la FSU réitère sa demande (faite le 11 décembre 2014), de la tenue d’un CHSCT exclusivement consacré aux conséquences de la réforme des rythmes scolaires sur la vie professionnelle et personnelle des enseignants.

Dans les secrétariats d’IEN, une des conséquences des suppressions de postes administratifs dans les services, aboutit à une augmentation conséquente des responsabilités et des charges de travail, avec des outils inadaptés. De fortes dégradations de travail sont observées sur ces secrétariats toujours plus isolés, toujours dans l’urgence et la tension. Ils subissent la représentation d’une administration parfois défaillante dans ses missions, auprès des parents d’élève, des enseignants voire de leur propre hiérarchie. Nombreux sont les retours de personnels en souffrance.

Le CHSCT a pour objet essentiel de prévenir les atteintes à la santé des personnels dans l’exercice de leur métier. Ces atteintes peuvent être le fait d’un environnement matériel et bâtimentaire dégradé et peu propice à la qualité de vie au travail, ou bien le fait d’une organisation du travail discutable et de moyens humains insuffisants.
La FSU souhaite vous alerter sur l’augmentation importante de conflits graves dans les écoles et établissements, qu’il s’agisse de tensions entre agents ou avec les supérieurs hiérarchiques, avec les élèves ou leur famille. Nous présenterons en séance plusieurs dossiers particulièrement sensibles.

La médecine de prévention doit pouvoir jouer tout son rôle, en particulier effectuer des visites sur les lieux de travail quand les personnels signalent des dysfonctionnements qui engendrent de la souffrance. Ce n’est pas le cas, ce maillon de la chaîne institutionnelle n’est pas suffisamment efficace. D’une façon plus générale, la FSU demande que se développe une véritable politique de médecine de prévention dans la fonction publique : les agents titulaires, stagiaires et non-titulaires doivent bénéficier, durant leurs heures de services, d’un examen périodique obligatoire au minimum tous les cinq ans, ramené à un an pour certaines catégories de personnels.

Les personnels concernés par les situations que nous présentons sont en souffrance. Face aux tensions qu’ils subissent, ils s’efforcent de résister, de contourner, d’adapter pour tenter de faire un travail de qualité. Quand ce dilemme n’est pas débattu, les agents intériorisent douloureusement ce « conflit du travail » et sont alors victimes des risques psychosociaux et quand ils décident de dénoncer les dysfonctionnements ou difficultés qu’ils vivent au quotidien, la prise en compte de leurs difficultés par l’institution est lente, ce qui accroit encore leur mal-être.

Parfois, pour que leurs alertes soient entendues par leur hiérarchie, ils sont contraints de faire des alertes en utilisant les registres en leur possession, ils ont parfois recours à la grève, à des arrêts maladie. Toutes ces démarches sont longues, éprouvantes, et ils ne ressentent pas toujours une écoute bienveillante et le nécessaire soutien de l’institution.

Aux conditions de travail dégradées, aux réformes imposées, se sont ajoutés les attentats et leurs suites dans notre département, l’ensemble fragilisant considérablement les équipes enseignantes. La FSU insiste aujourd’hui sur le sentiment qui se répand que l’institution est plus soucieuse de se prémunir contre d’éventuels recours, que de réellement étayer, soutenir, renforcer ceux qui accueillent les élèves et leur famille au quotidien dans un contexte politique, social et économique tendu et angoissant.


Un dernier mot sur le contexte politique, justement : le code du travail s’est construit au fil du temps comme un élément protecteur des salariés. Dès 1982 ont été mis en place des CHSCT dans le privé, alors qu’il nous a fallu attendre 2011 dans la Fonction Publique. La remise en cause globale du code du travail et des acquis des travailleurs par le projet de loi El Khomri, avec en particulier la remise en question des CHSCT dans les entreprises, ne peut que nous inquiéter : les employeurs publics ou privés seraient ils ainsi tentés de se dédouaner de leurs responsabilités en termes de prévention des risques ou de dialogue social ? En tant que membres du CHSCT, nous devons tous être très vigilants pour que le travail dans lequel nous sommes engagés puisse porter ses fruits.

 

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