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31 mars 2010

Revaloriser les uns et pas les autres : l’art de diviser les personnels

Revalorisation en trompe l’oeil...
Pour faire avaler la suppression de l’année de formation en IUFM, le gouvernement annonce une augmentation des salaires des débutants... Tout le monde y perd ! En commençant à être payé deux ans plus tard que dans l’ancienne formule, les futurs enseignants qui seront placés devant les élèves dès leur première rentrée après avoir finalisé leur master et été admis définitivement aux épreuves orales, y gagnent-ils vraiment ? En créant une division supplémentaire entre les enseignants le gouvernement sait ce qu’il fait : il divise les personnels pour mieux faire passer sa politique en matière salariale et en matière de retraites...

Diviser pour régner, ç’est ancien mais ça peut aider à faire passer des politiqes rétogrades :

20 ans après la création des professeurs des écoles et ses conséquences fâcheuses : Une grille indiciaire pour les instits, une autre grille pour les PE, et des conditions d’accès dans le corps des PE différentes selon que l’on y passait par concours ou par voie d’intégration, le gouvernement crée une nouvelle division : les jeunes dans le métier et les autres... Divisions auxquelles il convient de rajouter l’accès à la Hors classe des PE, accès qui reste très inégalitaire.

Les conséquences des divisions (PE / Instits - Masterisés / non mastérisés - anciens / jeunes) au moment du départ à la retraite :

A l’heure actuelle, de très nombreux anciens instits partent à la retraite sans avoir atteint le 11ème échelon du corps des PE. Les "gagnants du dernier loto gouvernemental" eux devront ajouter 42 ans à leur âge de rentrée dans le métier (âge qui vient de reculer de deux ans...). Lorsque nos futurs collègues auront le nombre d’annuités permettant de partir avec une pension "complète", ils auront entre 65 et 67 ans... Bingo ?

Les représentants syndicaux ont expliqué que les augmentations annoncées par Luc Chatel représentaient une fois étalées sur la carrière une augmentation mensuelle de 30€, ça fait peu cher payé le départ à la retraite à 65 ou 67 ans ! Mais c’est peut-être aussi le moyen de contenir la contestation qui pourrait se développer avec les annonces concernant les retraites ? Le gouvernement oppose habilement « les anciennes générations » et les jeunes générations pour qui la retraite paraît très loin : vingt ans de discours politiques expliquant qu’on n’arrivera pas à financer les retraites dans les années 2030 à 2050, ça laisse des traces...

On comprend là le besoin du gouvernement de préciser que les augmentations toucheront les actuels collègues aux échelons 3 à 5 soit au total un enseignant sur quatre sera concerné par ces augmentations... Toutefois, les trois quarts de la profession sont exclus des mesures de revalorisation. Et, chacun comprendra à la lecture de cet article qu’il a intérêt à participer aux actions pour conserver des retraites décentes et à ne pas rentrer dans le jeu de la division voulue par nos "brillants stratèges ministériels"

Quelles sont les mesures gouvernementales ?

Les mesures gouvernementales prennent la forme d’une suppression des deux premiers échelons et d’une revalorisation immédiate des actuels échelons 3 à 5 :

échelon P.E. ancien indicenouvel indice
1349
2376
3395410
4416431
5439453

L’histoire ne précise pas pour le moment ce qu’il advient des anciennes primes d’installation, seront -elles maintenues ? A suivre...

A partir du 6ème échelon, retour à l’ancien régime :

échelon P.E. ancien indicenouvel indice
6467467
7495495
8531531
9567567
10612612
11658658

Commentaires :

  • 1) les PE2 arrivaient au troisième échelon lors de leur première rentrée sur le terrain. Finalement les futurs PES (professeurs des écoles stagiaires ayant réussi toutes les épreuves du concours) arriveront directement sur le terrain au troisième échelon. Pas de différence d’échelon au moment de la prise de fonction... Sauf qu’ils y arriveront avec deux années d’études de plus donc deux ans plus vieux. La différence au moment de la prise de fonctions dans une classe sera seulement de 15 points d’indice, soit 60€ brut par mois...
  • 2) entre le 5ème et le 6 ème échelon la différence ne sera plus que de 14 points d’indice (60€) alors qu’elle était jusqu’à maintenant de 28 points (120€)... Pour arriver au 6ème échelon, il faut entre 5 ans et demi et 7 ans. Pour vos trente ans , futurs collègues voilà le cadeau du gouvernement.

Les divisions mises en oeuvre par la politique gouvernementale :

En Avril 2010, on se retrouve dans les écoles de Seine Saint Denis avec des étudiants inscrits au concours prévu à la fin du mois qui assurent du remplacement en étant payés 750€ la semaine (3000€ par mois), certains d’entre eux se voyant proposer des prolongations pouvant aller jusqu’à 3 mois (soit 9000€). Le SNUipp 93 est intervenu de concert avec le secrétariat national du SNUipp auprès du cabinet du ministre pour exiger l’ouverture de la liste complémentaire pour faire cesser ces situations inadmissibles. Soyons clairs, dénoncer cette politique absurde ne signifie pas qu’il faille « s’en prendre à ces personnels » ce qui ferait le jeu du gouvernement : diviser. D’ailleurs, les impétrants au concours P.E. auront certainement intérêt à ménager leurs forces pour le dit concours...

A partir de la rentrée prochaine les lauréats du concours percevront un peu plus. A partir du 6° échelon ils rejoindront "la troupe". Mais il faudra aussi compter avec les futurs reçus collés (titulaires d’un master mais ayant échoué à l’admission définitive) : combien seront-ils payés, nos futurs vacataires ?

Faisons le bilan : dans les écoles il y aura

  • des PE mastérisés,
  • des PE recrutés comme tels par concours (externe ou interne),
  • des PE anciens instits rentrés par liste d’aptitude,
  • et encore quelques instits qui ne sont pas passés PE pour diverses raisons,
  • « des reçus collés », futurs contractuels de l’éducation nationale
  • et à partir du mois de Janvier des étudiants préparant le concours qui feront des stages (du remplacement) pour une durée de 4 semaines maximum payés 750€ la semaine...

En procédant de la sorte, le gouvernement crée les conditions d’un éclatement des revendications salariales. La ficelle est grosse, mais elle est bien là. Mais finalement, cette manière de procéder peut se révéler l’occasion de relancer nos revendications en matière salariale.

Les revendications salariales du SNUipp - « mandats de congrès » :

Le SNUipp demande :

  • La reconstitution de carrière pour tous ceux qui ont été intégrés ou vont l’être
  • Il rappelle que l’objectif est l’obtention d’un corps des professeurs des écoles à une classe comportant 11 échelons, un corps cylindré et non plus pyramidal, avec indice terminal 782 accessible par tous.

Le SNUipp se prononce pour l’ouverture de négociations, dans le cadre d’une démarche d’unification des carrières :

  • Avancement unique pour tous, au rythme le plus rapide
  • Déblocage des « goulots d’étranglement » par l’extension de l’avancement unique au rythme le plus rapide pour tous et comme mesure d’urgence, par un élargissement des promotions
  • Dissociation évaluation/notation et suppression de la note dans les barèmes (notamment de promotion)
  • Relèvement des indices de début de carrière avec répercussion sur l’ensemble de la grille
  • Création d’une classe unique comportant 11 échelons, ce qui suppose la transformation de la hors-classe
  • Le SNUipp revendique une revalorisation de 50 points d’indice et de 5 % de la valeur du point d’indice.

 

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