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Monsieur l’Inspecteur d’Académie, Mesdames , Messieurs les IEN et représentants des services.,
Les réformes actuelles visent à réorganiser le système éducatif et la recherche, selon le modèle du marché, à mettre en concurrence les établissements et les écoles entre elles, mais aussi les individus, à affaiblir les services publics, à transformer les missions des personnels, à alourdir leur charge de travail et à dénaturer leurs métiers. Loin de contribuer à la réussite de tous les jeunes, elles renforcent les inégalités au sein du système éducatif et la polarisation sociale des écoles (réduction des horaires d’enseignement, aides aux élèves renvoyées sur le temps péri scolaire, suppression de la carte scolaire, glissements d’élèves,…). Nous vivons en Seine Saint Denis cet accroissement de la charge de travail dans un contexte où le métier s’exerce de plus en plus de manière individuelle. Contexte rendu encore plus difficile par le non-remplacement des maîtres absents. Contexte rendu absurde par l’incapacité de l’administration de payer en temps et en heure les heures d’accompagnement éducatif pourtant présentées comme un remède essentiel.
Au lieu d’élever les qualifications de tous, on instaure un système éducatif ségrégatif qui sélectionne les élèves, d’où les nombreuses interrogations des collègues quant à l’utilisation des évaluations binaires, qui génèrent des indemnités qui n’ont pas toujours été versées aux collègues qui les ont fait passer sans les transmettre.
Le budget n’est pas à la hauteur des besoins . Vous nous expliquez tous les vendredis depuis plusieurs semaines, alors que nous sommes rassemblés devant l’Inspection Académique, qu’il n’y a pas de postes vacants ou très peu et que la totalité de l’enveloppe budgétaire est utilisée, ce que nous ne remettons pas en question. La conclusion que nous en tirons, c’est que l’enveloppe budgétaire est insuffisante. Plusieurs milliers de journées non pas été remplacées depuis le début de l’année. Les collègues de Saint Ouen ont conduit des actions fortes il y a une dizaine de jours, ceux de Saint Denis vendredi dernier et aujourd’hui ceux de Sevran où la municipalité et les syndicats vous ont demandé une audience : 460 ½ journées non remplacées à Sevran entre le 1er septembre et le 20 novembre.
La situation du remplacement dans notre département est catastrophique. Vous avez noté une augmentation des arrêts maladies mais surtout une augmentation significative du nombre de congés maternité. Nous espérons que cette situation a fait l’objet d’une alerte auprès du ministère de l’Education Nationale car autant les arrêts maladie sont imprévisibles autant les congés maternité peuvent être programmés en terme de remplacement. Si tous les remplaçants sont employés sur les congés maternité il n’y a plus de remplaçants pour les congés de maladie.
Quand un collègue n’est pas remplaçé c’est toute l’école qui est touchée.
Quand on utilise les BFC pour assurer des remplacements, les BFC n’assurent plus leurs missions et les collègues ne partent plus en stage. C’est la disparition de la formation continue avant l’heure.
L’étroitesse du budget a d’autres conséquences : sureffectifs en CLIS, en UPI, absence d’EVS pour accompagner les intégrations individuelles d’élèves handicapés, scolarisation d’enfants hautement perturbateurs sans solution appropriée à leurs problèmes. Ces situations vous obligent à redéfinir les missions de personnels déjà surchargés de travail. L’étroitesse du budget générant la surcharge de travail conduit à des modifications incessantes des calendriers, c’est ainsi que les psychologues scolaires découvrent une nouvelle date butoir le 18 décembre, pour les réunions d’équipes éducatives. Comme il manque de nombreux psychologues scolaires, la planification de leur travail qui fonctionnait déjà à flux tendu est modifiée en cours d’année, rendant leur mission impossible. Ce message n’est pourtant pas prêt de s’autodétruire. Dans certaines circonscriptions toutes les REE ou REES sont programmées pour Janvier…
Pour toutes ces raisons et pour prendre en compte la particularité de notre département fort bien décrite dans vos documents préparatoires à cette CAPD, nous revendiquons la création de postes en urgence et l’ouverture de la liste complémentaire pour couvrir les postes vacants.
Cette CAPD a aussi pour objet les stages de formation continue. Cela n’a plus l’air évident pour personne mais notre métier s’apprend, il s’apprend même tout du long de la vie. Là aussi, l’étroitesse du budget a des conséquences : chaque année le nombre de PE2 diminue et avec lui le nombre de départs en stage. La suppression d’un poste sur deux de fonctionnaire partant à la retraite a un coût. La réduction du nombre de reçus aux concours n’est pas prête de s’enrayer, mais comme la mesure n’était pas encore assez rude, il n’y aura bientôt presque plus de formation initiale et encore moins de formation continue.
La réforme de la formation des maîtres s’inscrit dans une logique de réduction des coûts et d’une conception simpliste du métier : • D’une part le gouvernement utilise cette réforme pour supprimer plus de 15000 emplois de stagiaires dès 2010 • D’autre part il envisage de ramener la formation des enseignants à un simple compagnonnage en faisant disparaître le potentiel et l’expérience des IUFM, lieux de formation professionnelle de tous les enseignants.
Les choix qui viennent d’être effectués constituent un recul sans précédent sur la formation professionnelle des enseignants, au détriment de la réussite de tous les élèves. Actuellement, les décisions font fi des travaux du groupe technique du premier degré et ne prennent absolument pas en compte les propositions avancées par les organisations syndicales, lors des premières discussions engagées par les ministères
Pour les étudiants faisant le choix de l’enseignement, un simple parcours complémentaire lié à la mise en place des stages ferait office de formation professionnelle.
La sélection des étudiants s’effectuera sur les aspects disciplinaires, ignorant la connaissance du développement de l’enfant, les dimensions didactiques et pédagogiques sur les savoirs à enseigner et les pratiques professionnelles.
L’ensemble des organisations syndicales, la conférence des directeurs d’IUFM, le syndicat d’inspecteurs de la FSU, tous les professionnels de l’enseignement ont compris que l’on va droit à la destruction de la formation professionnelle des enseignants tout en mettant en danger notre système universitaire. Nous joignons à cette déclaration celle des inspecteurs de la FSU sur cette question.
Le SNUipp réitère l’exigence de retrait de ce projet ainsi que des textes et décrets qui l’accompagnent pour ouvrir de réelles négociations sur une toute autre réforme de la formation et du recrutement des enseignants.
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